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RELIQUE FISCALE

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Rupture de timbres au Gabon, l'urgence de digitaliser l'administration.

L'accès au service public au Gabon ne devrait pas dépendre d'une vignette en papier. Pourtant, dans de nombreuses mairies du pays, la quête d'un simple bout de papier paralyse le quotidien de milliers de citoyens. Récemment encore, les mairies d'arrondissement de Libreville ont été confrontée à une rupture critique de son stock de timbres municipaux. Une réalité d'un autre âge qui pousse à poser une question fondamentale. A quoi sert encore le timbre municipal au Gabon ? 

 


Pourquoi renvoyer des usagers à la maison ?

 

Le scénario est devenu tristement quotidien. Des étudiants pressés par des délais d'inscriptions, des pères et mères de famille venus urgemment régulariser des actes de naissance se heurtent à la même sentence administrative. « Pas de timbre pour l’instant, revenez demain ».

Les usagers sont condamnés à faire des allers-retours incessants, épuisants et coûteux. Le lendemain, l'histoire se répète, et le stock demeure désespérément vide. Aller à la mairie se fait désormais la peur au ventre, avec la crainte permanente de ne pas être servi. Une telle situation est aberrante. Les citoyens ne demandent pas une faveur, ils réclament l'accomplissement d'un devoir de l'État. Obtenir un document civil est un droit fondamental qui ne devrait jamais être conditionné par la logistique d'un bout de papier adhésif.

 


Un outil archaïque face à la digitalisation

 

Cette dépendance au format physique est d'autant plus incompréhensible que les autorités gabonaises prônent et accélèrent la digitalisation des documents administratifs. Le timbre municipal physique appartient à une époque révolue. Outre les pénuries récurrentes liées à une production souvent externalisée, ce système favorise les dérives. 

On se rappelle la crise qui avait secoué la mairie de Port-Gentil, où un réseau illicite de revente de timbres municipaux avait été démantelé, selon certaines sources. Des agents indélicats profitaient de la rareté pour surfacturer les vignettes ou décoller d'anciens timbres pour les réutiliser. C'est la preuve matérielle que l'archaïsme physique nourrit la corruption, au détriment direct des populations.

 


Les exemples d'ailleurs, l'Europe et l'Asie ont tranché

 

Le Gabon ne peut-il pas, une fois pour toutes et sur l'ensemble du territoire, abandonner le timbre municipal ? À l'échelle internationale, le choix de la modernisation a été fait depuis longtemps.

En Europe, le timbre municipal physique est perçu comme une relique administrative. Des pays comme la France, la Belgique, le Royaume-Uni, l'Italie et l'Espagne ont totalement banni cette pratique dans leurs mairies. Les documents y sont authentifiés par un simple cachet officiel (Sceau de la mairie), une signature, ou via des plateformes numériques sécurisées.

En Asie, des leaders technologiques comme la Corée du Sud et Singapour se contentent de certifications dématérialisées ou de simples QR codes d’authentification imprimés directement sur l'acte civil. Aucun citoyen n'y est renvoyé chez lui pour un manque de vignettes.

 


Qu'est-ce qui bloque ?

 

Face à l'urgence, la mairie de Libreville a dû appliquer l'article 49 de la loi organique relative à la décentralisation pour autoriser exceptionnellement la légalisation des actes sans aucun timbre, le simple cachet municipal et la signature de l'autorité suffisant à acter leur pleine légalité.

Si un simple cachet officiel suffit légalement en période de crise, pourquoi ne pas pérenniser cette mesure partout au Gabon ? Qu’est-ce qui bloque ? Les résistances se situent souvent au niveau des régies financières locales, qui redoutent la perte de traçabilité des recettes directes en espèces au guichet. Pourtant, l'intégration de e-timbres ou le paiement par Mobile Money directement liés à l'impression du document sécuriseraient bien mieux les caisses de l'État. 

Le Gabon doit franchir le pas de la modernité. La continuité du service public et le respect des usagers l'exigent. 




Par Pamphil

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