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SÛRETÉ AÉROPORTUAIRE

SÛRETÉ AÉROPORTUAIRE
Nuisances sonores à Libreville, le cri d'alarme des riverains.

Malgré la présence des autorités municipales sur le terrain, certains bars, buvettes et établissements à ciel ouvert semblent engagés dans une course effrénée à la puissance sonore. Enceintes toujours plus imposantes, amplificateurs plus puissants, musique assourdissante de jour comme de nuit. A Libreville, le droit au repos de nombreux riverains est mis à rude épreuve. Jusqu’à quand cette surenchère sonore ?


Des décibels qui montent, des riverains qui craquent


À Libreville, le vacarme de certains débits de boissons prend des proportions qui interrogent. Alors que les habitants aspirent légitimement au calme dans leurs maisons et leurs quartiers, des bars et des buvettes semblent faire exactement le contraire. Augmenter la puissance de leurs installations, pousser les amplificateurs à l’extrême et transformer les rues en véritables pistes de danse à ciel ouvert.


Le plus préoccupant, c’est cette impression de surenchère permanente. À peine un voisinage s’habitue-t-il à une installation sonore qu’une autre semble vouloir faire davantage de bruit. Les enceintes deviennent plus imposantes, les basses plus agressives et les décibels plus envahissants. Le jour ne suffit plus. La nuit, période normalement consacrée au repos, devient pour certains habitants une épreuve d’endurance.


Depuis quand le commerce de la boisson donne-t-il le droit de confisquer le sommeil de tout un quartier ?


Les autorités municipales sur le terrain, une présence à saluer


Il convient de saluer les autorités municipales lorsqu’elles se déploient sur le terrain pour s’attaquer aux nuisances sonores et rappeler les règles aux exploitants concernés. Cette présence est nécessaire, car la tranquillité publique ne peut être abandonnée aux seules décisions des propriétaires d’établissements.


Mais les descentes sur le terrain ne doivent pas se limiter à une démonstration ponctuelle d’autorité. Elles doivent produire des résultats visibles et durables. Si les agents passent, rappellent les règles et repartent, tandis que le volume sonore repart de plus belle quelques heures plus tard, les riverains auront toutes les raisons de s’interroger sur l’efficacité du dispositif.


Il faut donc encourager les autorités à maintenir la pression, à renforcer les contrôles et à appliquer les mesures prévues par la réglementation lorsque les infractions sont établies. La lutte contre le bruit exige de la constance, du suivi et une véritable volonté de faire respecter les règles.


Gérants et propriétaires, le profit ne donne pas tous les droits


Le message doit être clair à l’endroit des gérants et propriétaires de bars, de buvettes et d'établissements ouverts sur l'espace public. La clientèle d’un établissement ne constitue pas l’ensemble du quartier, et les voisins ne sont pas obligés de subir ses excès.


Qu’une activité commerciale cherche à attirer des clients est compréhensible. Qu’elle transforme les habitations voisines en victimes collatérales de ses installations sonores ne l’est pas. Le commerce doit cohabiter avec le voisinage, et non lui imposer sa loi à coups de basses et de haut-parleurs.


Les gérantes et gérants qui choisissent de pousser les décibels toujours plus haut doivent comprendre qu’une enceinte plus puissante ne représente ni une preuve de réussite ni un permis de déranger. La liberté d’entreprendre implique aussi le respect des autres. L’animation d’un établissement ne saurait justifier des nuisances répétées.


Le droit au repos n’est pas négociable


Entre les murs, il y a des familles, des enfants, des personnes âgées, des travailleurs qui doivent se lever tôt et des citoyens qui ont besoin de dormir. Le bruit excessif et répété peut perturber le sommeil, accroître le stress et dégrader la qualité de vie.


Libreville ne peut prétendre améliorer son cadre de vie si la tranquillité des habitants devient une variable secondaire face aux intérêts commerciaux. Il faut des contrôles suivis, des sanctions proportionnées lorsque les faits sont constatés et des mécanismes accessibles permettant aux riverains de signaler les abus.


Assez de bruit, place au respect !


Le défi est désormais de transformer les interventions municipales en résultats concrets. Les autorités doivent poursuivre leur action. Les exploitants doivent respecter leurs obligations. Les riverains doivent pouvoir vivre sans subir chaque soir une guerre des décibels.


À Libreville, faire la fête ne doit pas signifier faire la guerre au sommeil des autres. Une ville vivante n’est pas une ville assourdissante. Le progrès, ce n’est pas d’installer des amplificateurs toujours plus puissants. C’est de parvenir à faire coexister les activités économiques, les loisirs et le droit fondamental de chacun à la tranquillité.
Rappelons que 21,2 % d'élèves ont consommé de l'alcool, selon le communiqué final du dernier conseil des ministres.

Par Pamphil

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