BIENS MAL ACQUIS : LA VENTE D’UN IMMEUBLE LIÉ À TEODORIN RAVIVE LES TENSIONS ENTRE PARIS ET MALABO
La vente de l’immeuble du 40-42 avenue Foch, à Paris, cristallise les tensions diplomatiques entre la France et la Guinée équatoriale. Définitivement confisqué en 2021 dans le cadre de l’affaire des biens mal acquis, cet ensemble immobilier de 4 000 m², autrefois attribué à Teodoro Nguema Obiang Mangue, dit « Teodorin », est mis en vente par l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc). Mais l’opération se heurte à la présence persistante de diplomates équato-guinéens dans certains étages, malgré une décision judiciaire d’expulsion. Malabo conteste cette cession et dénonce une démarche qu’elle considère comme hostile, faisant planer la menace de représailles diplomatiques.
Une confiscation judiciaire au cœur d’un bras de fer diplomatique
Vice-président de la Guinée équatoriale et fils du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, Teodorin a été définitivement condamné en 2021 en France à trois ans de prison avec sursis et à 30 millions d’euros d’amende pour plusieurs infractions financières, notamment le blanchiment et le détournement de fonds publics. La confiscation de l’immeuble s’inscrit dans cette procédure. De son côté, la Guinée équatoriale conteste la légalité de la vente et invoque la protection diplomatique du bâtiment. Toutefois, la Cour internationale de justice avait estimé en 2020 que l’immeuble n’avait pas acquis le statut de locaux diplomatiques. Un autre contentieux, portant sur la confiscation et la restitution du bien, demeure néanmoins ouvert. Selon les informations rapportées par l’AFP le 13 octobre 2026, l’Agrasc poursuivait la commercialisation, avec quinze dossiers de candidature reçus.
La restitution des fonds, autre enjeu de l’affaire
Au-delà du conflit entre Paris et Malabo, la vente soulève la question de l’utilisation des sommes récupérées. En France, le mécanisme de restitution des biens mal acquis prévoit que les fonds puissent financer des actions de coopération et de développement au bénéfice des populations concernées, plutôt que d’être automatiquement reversés aux autorités du pays d’origine. Cette exigence est particulièrement sensible en Guinée équatoriale, où la pauvreté demeure un enjeu majeur malgré les revenus tirés des ressources pétrolières. La commercialisation de l’immeuble doit ainsi concilier l’exécution des décisions judiciaires, la prévention d’une nouvelle captation des fonds et la préservation des relations diplomatiques. À mesure que la procédure avance, l’affaire de l’avenue Foch dépasse donc le seul cadre immobilier pour devenir un test de la lutte contre la corruption et de la restitution des avoirs détournés.