TRAFIC AU GABON
Cent trente-cinq sacs de cannabis, près de 700 comprimés de Tramadol et 15 personnes interpellées. Le bilan des opérations menées les 5 et 12 octobre au nord de Libreville a de quoi faire froid dans le dos, rapporte Gabonreview. Ces chiffres dessinent une réalité préoccupante. Les réseaux de stupéfiants continuent de représenter une menace pour la santé publique et la sécurité au Gabon. Face à ces trafics, une question s'impose. Jusqu'où les marchands de drogue sont-ils prêts à aller pour faire prospérer leurs affaires ?
Le profit avant la santé des populations
Pour les acteurs de ces trafics, si leur implication est établie, la perspective du gain financier peut devenir le moteur d'un commerce dont les conséquences dépassent largement les intérêts de ses organisateurs. Car pendant que certains cherchent à engranger des bénéfices, les risques liés à la consommation de stupéfiants peuvent retomber sur les consommateurs, leurs familles et l'ensemble de la société.
Le plus révoltant serait de considérer la jeunesse comme un simple marché à conquérir, une clientèle à alimenter et une source de revenus à exploiter. L'argent tiré de ce commerce ne saurait effacer les dommages humains susceptibles d'en découler.
Des côtes transformées en couloirs de trafic ?
Les opérations menées entre La Sablière, le Cap Estérias, Bambouchine et les environs de l'île Nendé mettent en exergue les défis auxquels sont confrontés les services chargés de surveiller les espaces maritimes et forestiers.
Les autorités évoquent des itinéraires empruntés par des réseaux opérant depuis l'étranger. Si les enquêtes confirment l'existence de filières organisées, il faudra comprendre comment elles fonctionnent, qui les finance et qui profite réellement de ces expéditions.
Car saisir les marchandises ne suffit pas. Tant que les organisateurs et les commanditaires éventuels ne sont pas identifiés, le risque demeure de voir les mêmes circuits se reconstituer.
La cargaison saisie, mais les cerveaux où sont-ils ?
Quinze personnes ont été interpellées lors des deux opérations. Toutefois, les récits recueillis sur place ne permettent pas d'établir le rôle exact de chacune. Deux d'entre elles ont notamment été signalées en situation d'immigration irrégulière. Leur situation ne constitue pas, à elle seule, une preuve de participation au trafic.
La priorité doit donc être une enquête rigoureuse, capable de distinguer les responsabilités et de remonter jusqu'aux véritables organisateurs.
Le Gabon ne doit pas devenir un terrain de jeu pour les réseaux de stupéfiants. La réponse doit être ferme, mais légale. Démanteler les filières, poursuivre les responsables lorsque les preuves le permettent et protéger les populations. Car la véritable victoire ne se comptera pas seulement en sacs saisis, mais en réseaux durablement neutralisés et en vies préservées.