PÉNURIE D'ENSEIGNANTS À MOUILA
Des établissements confrontés à un manque de personnel
Au lycée public Jean-Jacques Boucavel, situé dans le deuxième arrondissement de Mouila, les chiffres témoignent de l’ampleur des besoins. Fondé en 1996, l’établissement accueille 2 730 élèves répartis entre 54 classes pédagogiques, pour seulement 67 enseignants et 41 salles de classe physiques.
Son proviseur, Maurice Mayombo, estime à 40 le nombre d’enseignants supplémentaires nécessaires au bon fonctionnement de l’établissement. L’allemand, l’anglais, l’éducation physique et sportive ainsi que l’histoire-géographie figurent parmi les disciplines touchées.
Les matières scientifiques sont particulièrement fragilisées. Le lycée ne dispose que de neuf enseignants de mathématiques, de deux professeurs de sciences physiques et de sept enseignants de sciences de la vie et de la Terre (SVT). Des effectifs qui interrogent sur la capacité de l’établissement à assurer un enseignement régulier à l’ensemble des élèves.
Des classes privées de cours, des élèves inquiets
Au lycée Albert Martin, le constat est tout aussi préoccupant. Créé en 1973, ce qui en fait le plus ancien établissement secondaire de la ville, il compte 17 salles de classe physiques pour 40 classes pédagogiques. Parmi ses effectifs figurent 360 élèves de sixième.
Les conséquences du manque d’enseignants se font déjà sentir. Les élèves de cinquième ne bénéficient d’aucun cours de mathématiques ni de physique, tandis que la moitié des classes de quatrième est privée d’enseignement en mathématiques. Les cours de physique, d’EPS et d’histoire-géographie sont également affectés.
Cette situation nourrit les craintes des apprenants quant à leur progression et à leur préparation aux prochaines classes.
« En 5e, on n’a pas de professeurs de mathématiques et de physique depuis la rentrée. Comment ferons-nous en 4e ? »
s’interroge M. Nzaou, élève dans cet établissement, rapporte l'AGP.
Les familles mises à contribution
Pour les parents, l’absence de professeurs représente une difficulté supplémentaire. Déjà confrontés aux dépenses liées aux fournitures, aux uniformes et au transport, certains doivent envisager le recours à des répétiteurs pour compenser les cours manquants.
« Nous achetons déjà les fournitures, les tenues et payons le transport. Il faut encore chercher des répétiteurs dans ces matières »
déplore Mme B. J., parent d’élève au lycée Boucavel. Elle appelle l’État à prendre ses responsabilités face à une situation qui pèse sur les familles.
Les autorités informées, en attendant des renforts
Conscients des difficultés, les responsables des établissements réclament de nouvelles affectations pour garantir la continuité pédagogique. Le directeur d’académie provinciale de la Ngounié, Ilagou Mboumba, affirme que les besoins ont été transmis au ministère de l’Éducation nationale.
« Nous sommes conscients du déficit, particulièrement en professeurs de sciences. Les besoins ont été remontés au ministère de l’Éducation nationale. En attendant les affectations des sortants, nos enseignants font du mieux qu’ils peuvent »
indique-t-il.
À Mouila, l’urgence est de permettre à chaque élève de bénéficier des enseignements prévus, sans que le manque de personnel ne compromette son parcours scolaire.