AUDIT GABONAIS
Des chiffres encore susceptibles d’être corrigés
En septembre dernier, le ministère de l’Économie et des Finances avait fait état d’une réduction significative de la dette publique consolidée, passée d’environ 11 700 milliards à 9 524,6 milliards de FCFA. Cette baisse de 18,6 % découle des vérifications, corrections et opérations de reclassement effectuées dans le cadre de l’audit portant sur les engagements de l’État au 31 décembre 2025, explique Sika Finance.
Il ne s’agit toutefois pas d’un désendettement effectif, mais d’une réévaluation comptable et statistique des obligations publiques. Sur la base d’un produit intérieur brut nominal estimé à 13 822 milliards de FCFA pour 2025, le gouvernement avait alors situé le taux d’endettement à 68,91 %, sous la limite communautaire de 70 % applicable dans la zone CEMAC.
Le FMI, arbitre de la fiabilité des données
L’analyse du Fonds représente désormais une étape déterminante pour valider ces nouveaux indicateurs. Les experts doivent notamment examiner le périmètre des engagements publics recensés et les méthodes utilisées pour leur comptabilisation. Selon leurs conclusions, les données retenues pourraient évoluer, avec des conséquences sur l’appréciation de la situation budgétaire gabonaise et les prévisions financières à venir.
Ce travail technique intervient dans un contexte où la transparence des comptes publics constitue un enjeu majeur pour les partenaires financiers du pays. La fiabilité des statistiques d’endettement conditionne, en effet, la qualité du dialogue avec les bailleurs de fonds et l’évaluation des risques associés aux financements futurs.
Un accord financier attendu avant fin 2026
Le dossier figurait déjà au centre des échanges entre les autorités gabonaises et le FMI lors de la mission menée à Libreville du 14 au 25 septembre par Aliona Cebotari. Les discussions avaient notamment porté sur l’audit, les perspectives budgétaires et les orientations du projet de loi de finances 2027.
D’après la circulaire citée par Reuters, le gouvernement ambitionne d’obtenir un accord au niveau des services du Fonds avant décembre 2026. Les autorités reconnaissent néanmoins que cette échéance demeure incertaine. Une nouvelle mission pourrait être organisée après les échanges prévus dans le cadre des Assemblées annuelles des institutions financières internationales.
Des besoins de financement toujours importants
La clarification de la dette intervient alors que Libreville poursuit ses opérations de mobilisation de capitaux. Après avoir levé 1,5 milliard de dollars sur les marchés internationaux en 2026, le pays prévoit de solliciter plus de 100 milliards de FCFA supplémentaires à l’étranger en 2027.
Dans ces conditions, la validation des chiffres par le FMI sera particulièrement suivie par les investisseurs. Elle ne garantit pas un nouvel accord, mais contribuera à déterminer les références financières sur lesquelles reposeront les prochaines négociations.