OYEM, MINEURE VIOLENTÉE
Une mère alertée par un tiers
La mère explique qu’elle n’avait pas connaissance de ce qui s'est passé. Elle affirme avoir parlé à sa fille de l’importance de lui signaler toute situation inquiétante, notamment si un homme cherchait à l’approcher ou à la toucher. Selon elle, l’adolescente ne lui avait rien raconté.
La mère dit avoir été avertie par une autre personne, qui lui aurait recommandé de surveiller sa fille. Elle raconte ensuite l’avoir vue en compagnie de deux hommes et avoir cherché à obtenir des explications. D’après son témoignage, la jeune fille aurait d’abord nié certains faits, avant de parler de plusieurs personnes.
La famille aurait alors sollicité des membres de la communauté et un imam afin de discuter de la situation. La mère indique qu’une réunion a été organisée dans une mosquée, en présence de plusieurs personnes. L’objectif, selon son récit, était de ne pas prendre de décision sans consulter les responsables communautaires. L’imam aurait ensuite souhaité entendre l’adolescente à part.
Une adolescente dit avoir peur de parler
Lors de l’entretien, la jeune fille se présente comme âgée de 13 ans et scolarisée en cinquième. Elle affirme que plusieurs hommes l’auraient sollicitée et cite différents prénoms. Elle situe certains faits dans des maisons, près de commerces ou dans d’autres lieux du quartier. Elle précise que les événements se sont produits à des moments différents, mais durant le même mois.
Interrogée sur d’éventuelles sommes d’argent ou des cadeaux, elle répond qu’elle n’aurait rien reçu. Elle explique aussi que, dans certains cas, les hommes l’auraient laissée poursuivre seule son chemin pour rentrer chez elle.
La jeune fille dit ne pas avoir parlé plus tôt à sa mère parce qu’elle redoutait sa réaction. Elle évoque des disputes antérieures et la peur d’être frappée ou réprimandée. Cette crainte, selon elle, l’aurait empêchée de révéler les faits plus tôt.
Ce point est essentiel dans la compréhension de son témoignage. Le silence d’un enfant ne signifie pas nécessairement qu’il n’a rien vécu. La peur, la honte, peut l'empêcher de parler.