ÉCRIVAINS CONTRE LA PIRATERIE
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Pays: Gabon
Les écrivains gabonais se mobilisent contre le piratage pour sauver l'édition locale en péril.
Un modèle économique en péril
« La piraterie tue l’auteur. Parce que dès qu’un livre est piraté, l’auteur ne gagne plus rien »
a martelé Sylvie Ntsame, écrivaine et directrice des Éditions Ntsame. Ce constat sans concession met en lumière la fragilité d'une chaîne du livre locale déjà précaire. Au Gabon, le piratage d’œuvres littéraires n'est pas un délit mineur, c'est un sabotage économique.
Le mécanisme est implacable. Chaque copie illégale en circulation représente un manque à gagner direct pour l'éditeur, détruisant sa capacité à reverser les droits dus aux créateurs. Sans cette juste rémunération, l'écrivain gabonais ne peut pas vivre de sa plume. C’est toute l’économie culturelle du pays qui menace de s'effondrer si la contrefaçon continue de se substituer au marché légal des librairies.
L’achat citoyen comme arme de riposte
Face à cette menace, la stratégie de l'UDEG, portée par son président Éric Joël Bekalé, repose sur un sursaut patriotique et culturel. Promouvoir la littérature gabonaise exige une prise de conscience collective. Lire local doit s'accompagner d'un acte d'achat responsable. Privilégier les circuits officiels et les librairies agréées est le seul moyen de garantir la survie des auteurs du terroir.
Pour inverser la tendance, l'UDEG entend rapprocher les écrivains de leur public tout au long de cette saison, en faisant de chaque citoyen un protecteur du patrimoine littéraire national. L'enjeu dépasse la simple consommation. Il s'agit de préserver la mémoire et l'identité gabonaise à travers l'écrit.
Protéger les pionniers et inspirer la relève
Ce combat pour la dignité financière des auteurs est indispensable pour honorer l'héritage de nos plumes illustres. Les éditeurs et les écrivains gabonais rappellent la valeur inestimable des figures historiques. Protéger leurs œuvres contre le piratage d'aujourd'hui, c'est sécuriser l'avenir des jeunes talents de demain. Pour que la littérature gabonaise continue d'écrire notre vie et de dire notre monde, le combat contre la piraterie doit devenir l'affaire de tous.