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MOUILA MISE SUR LE BÉTON: LE PARI DE L'INDUSTRIALISATION POUR DÉSENCLAVER L'INTÉRIEUR DU GABON

MOUILA MISE SUR LE BÉTON: LE PARI DE L'INDUSTRIALISATION POUR DÉSENCLAVER L'INTÉRIEUR DU GABON
À Mouila, une nouvelle centrale à béton veut accélérer routes et infrastructures. Un pari industriel pour désenclaver la Ngounié et transformer l'économie locale gabonaise.

Après Libreville et Port-Gentil, le Gabon mise sur l'intérieur du pays et passe au béton. À Mouila, chef-lieu de la Ngounié, l'annonce de l'installation d'une toute nouvelle centrale à béton vient relancer un débat crucial: celui du désenclavement des provinces. Longtemps freinée par des routes dégradées et des coûts logistiques élevés, la région espère enfin accélérer ses chantiers. Cette année, la dynamique est lancée sur place afin de faciliter l'accès aux infrastructures et de fixer la valeur ajoutée localement.


Trois chantiers dans le viseur


Le projet cible trois leviers du développement rural et provincial.


Le chantier routier est présenté comme le plus urgent en Ngounié et la première condition du développement économique local. Il touche surtout les axes Mouila - Ndendé, Mouila - Fougamou et les pistes agricoles. Souvent impraticables en saison des pluies, ils freinent la circulation des personnes et des marchandises, d'où l'importance d'un béton disponible sur place.


Le chantier des infrastructures sociales concerne une population plus jeune, principalement en quête d'écoles, de dispensaires et de logements. Moins médiatisé, il se concrétise pourtant par une simple dalle coulée ou un bâtiment administratif. Lorsqu'il est réalisé avec des matériaux locaux, ses coûts chutent et ses délais sont raccourcis.


Le chantier de l'emploi local est plus rare, mais il est souvent attendu au Gabon, l'exode rural retardant le développement. Il touche directement les jeunes de la province, formés à la conduite d'engins, à la maçonnerie ou à la maintenance industrielle.


Centrale à 400 km de Libreville: une crainte à relativiser


Parmi les obstacles au projet, la peur de l'enclavement logistique arrive en tête. Beaucoup y voient un pari risqué: faire venir du ciment, des agrégats et des pièces à Mouila coûterait plus cher qu'à la côte. Les spécialistes, notamment ceux de la zone industrielle de la ville, rappellent pourtant que ce n'est pas par là que commence le calcul.


La première étape est une simple économie de distance. Produire le béton à Mouila évite de le transporter depuis Libreville ou Tchibanga, parfois sur plus de 400 km, avec des pertes et des retards. Ces économies peuvent donner une première impulsion. La centrale n'intervient qu'ensuite, comme outil de transformation locale, et elle est rapide à déployer.


Un réflexe à adopter, pas seulement en Ngounié


Produire sur place n'est pas un aveu de repli, c'est une façon de prendre de l'avance sur le développement. Qu'il s'agisse d'une route, d'une école ou d'un marché, plus le matériau est proche, plus les chances de finir le chantier sont grandes. Mouila rappelle donc un message simple: en cas de besoin, de projet ou à partir d'une ambition locale, il faut industrialiser l'intérieur pour désenclaver le pays.

Par Hylane Okomo

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