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ASSEMBLÉE, ÉLECTRICITÉ ET FORMATION

ASSEMBLÉE, ÉLECTRICITÉ ET FORMATION
L'Assemblée nationale gabonaise a interrogé le gouvernement sur les délestages électriques et la grève dans la formation professionnelle.












L’Assemblée nationale a consacré sa séance plénière du mardi aux questions orales adressées au gouvernement. Au total, sept préoccupations ont été soulevées par les députés, avec deux dossiers particulièrement attendus : le déficit énergétique et la longue grève qui paralyse les établissements de formation professionnelle depuis onze mois. Entre le projet de barrage hydroélectrique de Booué, estimé à plusieurs centaines de milliards de francs CFA, et les difficultés financières du secteur de la formation, les échanges ont mis en lumière les défis auxquels l’exécutif doit répondre, notamment en matière d’accès à l’électricité et d’emploi des jeunes.



Barrage de Booué, un investissement de 1 000 milliards de FCFA à l’étude



Premier sujet abordé lors de cette plénière. Les difficultés persistantes d’approvisionnement en électricité, marquées par des délestages quasi quotidiens dans plusieurs localités du pays.



Le député Marcel Germain Lumangro a interpellé le ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie sur l’état d’avancement du projet de barrage hydroélectrique de Booué, situé dans la province de l’Ogooué-Ivindo. Avec une capacité annoncée de 400 MW, cette infrastructure figure parmi les projets énergétiques structurants envisagés par les autorités. Sa réalisation est associée à un partenariat avec le groupe français EDF.



Le parlementaire a notamment souhaité obtenir des précisions sur les études de faisabilité environnementale et technique, le calendrier prévisionnel des travaux ainsi que les modalités du partenariat avec l’entreprise française.



En réponse, le représentant du gouvernement a apporté des précisions sur le coût et les caractéristiques du projet.


« S'agissant du coût d'investissement, il a été estimé environ à 1,15 milliard d'euros, soit environ 754 milliards de francs CFA, avec une tolérance de plus ou moins 20 % hors coût de financement incluant le génie civil et hydromécanique du barrage, l'usine et des équipements électromécaniques, le poste d'évacuation d'énergie et les ouvrages annexes et le remplacement du pont en amont du projet »



La durée des travaux est estimée à environ cinq ans. Le chantier pourrait mobiliser près de 4 000 travailleurs durant sa phase de construction. Un projet d'envergure dont la concrétisation reste particulièrement attendue dans un contexte de déficit énergétique.



Formation professionnelle, onze mois de grève et des difficultés financières



Autre dossier majeur soumis à l'appréciation du gouvernement. La crise qui secoue le secteur de la formation professionnelle. Depuis onze mois, une grève illimitée paralyse les activités dans les centres de formation, compromettant le déroulement normal des enseignements et les perspectives d'insertion professionnelle de nombreux jeunes.



Le député Guy-Roger Kazama a interpellé le gouvernement sur cette situation, en rappelant la promesse présidentielle de création de 1 666 000 emplois, annoncée à Makokou le 31 décembre 2024.



L'élu a notamment demandé quelles dispositions étaient envisagées pour résoudre les difficultés d'approvisionnement en matières d'œuvre dans les centres de formation du pays. Il a également interrogé le gouvernement sur les mesures prévues pour régler les arriérés de paiement des heures de vacation liées aux examens et concours.



La ministre de l'Enseignement technique, de la Formation et du Perfectionnement professionnel, Marcelle Ibinga Itsitsa, a expliqué que les difficultés rencontrées étaient notamment liées au financement du secteur.



« Il faut dire que les budgets des centres de formation et l'organisation des examens sont financés en partie par le compte d'affectation spécial alimenté par le prélèvement de taxes de la formation professionnelle versée par les opérateurs économiques. Sauf que toute l'année 2026, ce compte n'a pas été alimenté par le Trésor public qui héberge la taxe prélevée aux entreprises pour le soutien à la formation professionnelle »


a expliqué la ministre.



Cette réponse met en évidence les difficultés de mobilisation des ressources destinées au fonctionnement des établissements et à l'organisation des examens. Une situation qui entretient les inquiétudes sur la reprise effective des activités pédagogiques.



Cinq autres dossiers soumis au gouvernement



Les échanges parlementaires ont également porté sur cinq autres préoccupations. Parmi elles figure le retard de trois ans enregistré dans la réalisation de la route Meyo-Kyé, longue de six kilomètres.



Les députés ont aussi évoqué le projet de la zone des Trois Frontières, qui s'étend sur 19 000 hectares et dont les travaux n'ont toujours pas démarré.



À cela s'ajoute la situation de trois stades construits dans le cadre de la Coupe d'Afrique des nations (CAN), aujourd'hui confrontés à des problèmes d'abandon et au risque de non-homologation, notamment celui de Franceville.



Enfin, la question des 7 000 permis biométriques déjà édités, mais toujours non retirés par leurs bénéficiaires, a également été soulevée.



Des engagements attendus sur le terrain



À travers ces sept questions orales, les députés ont mis en avant plusieurs préoccupations touchant directement aux conditions de vie des populations et au développement du pays.



L'électricité, la formation professionnelle, les infrastructures routières et sportives ainsi que les services administratifs constituent autant de dossiers sur lesquels les réponses gouvernementales sont désormais attendues.



Deux enjeux restent particulièrement sensibles. La disponibilité d'une énergie stable et la relance de la formation professionnelle, indispensables aux ambitions de développement et de création d'emplois.



Au-delà des explications fournies devant les députés, la concrétisation des engagements annoncés constituera le principal indicateur des avancées attendues sur ces différents chantiers.










Par Pamphil

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