BARRAGE DE BOOUÉ : COÛT COLOSSAL, CALENDRIER FLOU, LE GOUVERNEMENT S'EXPLIQUE FACE AUX DÉPUTÉS
Le futur barrage de Booué s'est invité à l'Assemblée Nationale. Alors que les coupures d'électricité continuent de paralyser les foyers et de freiner les entreprises, les députés ont interpellé le gouvernement sur ce chantier présenté comme stratégique pour la souveraineté énergétique du pays.
Au centre des échanges, la question orale du député du premier siège d'Okondja, Marcel Germain Loumbangoye Onkamouo, qui a voulu en savoir plus sur l'état d'avancement du projet de 400 MW sur le fleuve Ogooué.
Une facture estimée à 754 milliards de FCFA
Face aux parlementaires, le ministre de l'Accès universel à l'eau et à l'énergie, Olivier Mouckocko, a levé un coin du voile sur l'enveloppe financière.
Le coût du projet est évalué à 1,15 milliard d'euros, soit près de 754 milliards de FCFA. Une estimation qui reste indicative, avec une variation possible de 20% à la hausse ou à la baisse. Ce montant, a-t-il précisé, ne comprend pas les frais financiers liés à la levée de fonds.
Cette enveloppe doit couvrir l'essentiel de l'ouvrage : les travaux de génie civil, les équipements hydromécaniques et électromécaniques, la construction du poste d'évacuation de l'énergie, ainsi que le remplacement du pont situé en amont du site.
Implanté dans l'Ogooué-Ivindo, le barrage de Booué est appelé à devenir l'un des plus grands aménagements hydroélectriques d'Afrique centrale. Il doit permettre d'augmenter de plus de 50% la capacité installée du pays et d'alimenter notamment les futurs projets miniers de Bélinga et de Baniaka, ainsi que le Grand Libreville.
Des étapes encore en suspens
Au-delà de l'aspect financier, l'impact social a également été abordé. Le chantier pourrait générer jusqu'à 4 000 emplois directs durant la phase de construction.
Mais le lancement effectif reste conditionné à plusieurs préalables. Le gouvernement doit encore finaliser les études de faisabilité, boucler le montage financier et clarifier les contours du partenariat avec le groupe français EDF Power Solutions, accompagné par la Société Financière Internationale (IFC) de la Banque mondiale.
En attendant, les délestages persistent, et les Gabonais attendent des réponses