DÉTOURNEMENT DE 7 MILLIARDS DE FCFA PAR LA SOTRADER ?
Superfood, une société unipersonnelle, c’est-à-dire, comme une épicerie, selon Sandrich Dipaga Nzikouet, assistant-comptable et fiscal, administrateur à Analytik Consulting, qui a géré la comptabilité de Superfood. “ En tant que bon citoyen, j'ai essayé de me rapprocher de la Sotrader via son administrateur général, Ahmed Bongo, pour comprendre la supercherie. Mais ce monsieur m’a mené en bateau. J’examine le contrat qui lie Superfood et la Société de Transformation Agricole et de Développement Rural (Sotrader) qui est en ma possession. C'est un contrat signé entre une agence de l'État et une société unipersonnelle pour un montant de 7 milliards de FCFA. Ce qui est une aberration en matière d’économie, c’est comme si tu donnais 7 milliards de FCFA à un boutiquier. Pour quelle raison Sotrader a fait cela ? Superfood n’est même pas une SARL “, révèle l’assistant-comptable et fiscal, qui explique avoir été intimidé pour rester muet sur ce dossier.
“ Je suis tombé sur ce dossier il y a près de deux ans parce que j'ai été sollicité par monsieur Diawara Mamady, le propriétaire de Superfood, dans le cadre des déclarations fiscales notamment des patentes “, rappelle l’assistant-comptable et fiscal. Il constate qu’en fait le Malien Diawara Mamady lui fait appel pour des opérations finalement qui ont un lien avec la Sotrader, une agence de l'État qui est chargée de promouvoir l’autosuffisance alimentaire au Gabon. C'est un relais du ministère de l'Agriculture et Superfood est une entreprise individuelle appartenant à Diawara Mamady. “ J’ai le contrat signé entre la Sotrader et Superfood, j’ai également toutes les fiches circuit, j’ai les récapitulatifs des montants affectés à chaque entreprise, c’est un mécanisme simple, un détournement. Il se passe que durant la période de la covid-19, des marchandises alimentaires ont été achetées pour la distribution gratuite aux populations nécessiteuses. Des marchandises qui étaient en tous genres notamment du riz. Il y avait du riz notamment de marque Bonheur. Ce riz Bonheur avait été acheté par Olam. Et Olam l’a mis à la disposition de Sotrader pour une distribution gratuite. A partir de ce moment, moi quand je tombe sur le dossier de ce Diawara Mamady qui fait de l'Export du riz, je me pose des questions. Pire encore quand je découvre que ce monsieur a 7 entreprises dont il me demande de gérer les opérations comptables et fiscales. Alors j'essaye de rentrer en profondeur dans les contrats et les fiches circuits, je découvre qu’en réalité il y a des détournements massifs de ce riz Bonheur au niveau du port d'Owendo. Le riz destiné aux Gabonais part en bateau au Cameroun, au Sénégal et un peu partout “, dévoile l’assistant-comptable et fiscal, pensant à tous les Gabonais qui ont pleuré de faim pendant la covid-19.
Le riz destiné gratuitement aux Gabonais revendu au Sénégal et au Cameroun
Il s’agit ici de riz qui était réservé au peuple gabonais en tant de crise et qui a été exporté vers d'autres pays. L’assistant-comptable et fiscal avait naïvement pensé que Sotrader était volé par Superfood, mais il finira par découvrir qu’un contrat liait l’agence et le boutiquier malien, pour l'exportation massive de riz destiné gratuitement aux Gabonais.
Spécialisé en comptabilité et en fiscalité, il explique qu’il y a certains agents de la Sotrader qui sont en prison à cause de cette affaire. Mais il pense que ce sont des petites mains qui sont derrière les barreaux et que les grands bénéficiaires de ce commerce déshonorant se la coulent douce.