DÉLOCALISATION DU MARCHÉ AUX MOUTONS: DES GRINCEMENTS DE DENTS
Le marché aux moutons, jadis implanté à proximité du Carrefour Hassan, dans le quartier Pont d'Akébé du troisième arrondissement de Libreville, a été délocalisé au Grand garage de Petit-Paris. Cette réorganisation, annoncée ce 16 décembre 2024, a suscité des réactions mitigées auprès des éleveurs et des habitants.
L'État justifie cette délocalisation par un projet de construction d'un lieu de loisir, un terrain de jeu et des salles de sport, censé améliorer les conditions de vie de la population. Des barrages avaient été mis en place afin d'empêcher l'accès au site délocalisé. Cependant, les commerçants et résidents estiment avoir été pris de court par une décision brusque, sans considération suffisante pour leur activité économique de longue date.
"J'ai été surpris ce matin"
indique Ourmar, éleveur au micro de Jessica Mba de TV+Afrique.
"Les routes étaient barrées, il fallait constater sur les lieux. Je connais le propriétaire de cet endroit depuis des années, et je suis surpris par cette décision. Il y a des années que nous payons les moutons ici, c'est une surprise."
Ngiangui Lebita, habitante du quartier, exprime une certaine frustration.
"On nous a dit que c'était pour faire un stade, pour que les enfants jouent. Mais on nous a déguerpis, on a dit de partir. Le marché sera désormais à Petit-Paris, a-t-elle déploré. Des gens venaient de tout Libreville, d'Okala, de Charbonnages, d'Angondjé, du PK 12 et du PK 11 pour acheter des moutons ici. Nous avons été dédommagés, mais ça fait mal de perdre ce lieu et cette routine quotidienne"
La pollution et l'insalubrité, souvent associées à ce type d'activité, ont également été évoquées par les habitants. Ils jugent que la réorganisation a pour but de débarrasser le quartier de ces nuisances environnementales. L'emplacement précédent était devenu insalubre et malpropre, expliquent les riverains.
"C'est le travail de l'État, et on ne peut pas faire autrement",
explique Ousmane, commerçant, au micro de Jessica Mba de TV+Afrique.
"Ils vont construire un terrain de sport. C'est bien pour la population. On va essayer de déménager au grand garage. On est là depuis des années, mais le Seigneur fait ce qu'il veut. Ils ont dit que c'est pour faire des terrains de jeu pour les jeunes."
Malgré les explications, les commerçants restent râlent, en attendant des documents administratifs qui vont leur permettre de pouvoir exercer leur activité librement au nouveau lieu d'implantation. La transition vers Petit-Paris fait grincer des dents.