URGENCE ACADÉMIQUE: 250 ÉTUDIANTS GABONAIS MENACÉS D'EXPULSION
La situation des 250 étudiants gabonais en Russie est devenue critique. Menacés d’expulsion pour défaut de paiement de leurs frais de scolarité, ces jeunes voient leur avenir académique compromis. À travers les témoignages de Flay Bambeda Yama, étudiant et chargé des boursiers et non-boursiers, et Kenneth Steeven Moupaya, président de l’association des Gabonais de Russie, nous faisons le point sur cette crise.
Selon Flay Bambeda Yama, les étudiants gabonais vivent dans un état de stress intense depuis deux mois.
"Nos frais de scolarité sont impayés depuis quatre mois, ce qui nous empêche d’accéder aux examens de fin de semestre"
explique-t-il. En Russie, la période de décembre est importante pour les examens. Ceux qui ne peuvent pas payer risquent une expulsion de l’université, suivie d’un rapatriement obligatoire.
Il précise que la situation est aggravée par le manque de communication de l’Agence Nationale des Bourses du Gabon (ANBG).
"Nous n’avons aucune information claire. Lorsqu’on essaie de contacter l’ANBG, ils disent qu’il n’y a rien à signaler, tandis que d’autres affirment que l’ambassade a commencé à régler les frais, ce qui est faux"
indique Flay Bambeda Yama
Kenneth Steeven Moupaya souligne que cette crise n’est pas isolée :
"La même situation est observée au Maroc, aux États-Unis et dans d’autres pays. Mais en Russie, elle est exacerbée par les conditions spécifiques du pays"
Les visas des étudiants sont directement liés à leur université. En cas d’expulsion, ils ont seulement trois jours pour quitter le territoire, faute de quoi ils risquent des sanctions de l’immigration russe.
Cette pression s’ajoute à un contexte politique tendu en Russie, rendant la vie quotidienne encore plus difficile pour les étudiants.
"Non seulement les frais de scolarité ne sont pas payés, mais les allocations mensuelles sont aussi en retard, ce qui double le stress des étudiants"
déplore Kenneth Steeven Moupaya.
En décembre, le directeur de l’ANBG avait pourtant annoncé que les paiements étaient en cours, en attente d’une rallonge budgétaire. Pourtant, aucune somme n’a encore été débloquée.
"La lenteur administrative met en péril la vie académique de nos compatriotes. Les autorités doivent agir rapidement"
insiste Kenneth Steeven Moupaya.
Face à l’urgence de la situation, les étudiants gabonais en Russie lancent un appel pressant aux autorités gabonaises. Ils demandent non seulement un règlement immédiat des frais de scolarité, mais aussi une meilleure communication et une prise en charge globale pour éviter que ces situations ne se reproduisent.