FAUT-IL ÉVALUER LES AGENTS CIVILS DE L'ÉTAT GABONAIS ?
Au cours d’une réunion qui fera date avec les inspecteurs généraux et adjoints ainsi que les secrétaires généraux et adjoints des ministères de son gouvernement, ce mardi 28 janvier 2025, le Premier ministre Raymond Ndong Sima a exprimé de vives préoccupations concernant le fonctionnement de l'administration publique. À cette occasion, il a souligné l’importance capitale d’évaluer les agents publics, de contrôler leur rendement et de tirer les conséquences nécessaires pour garantir une gestion efficace et transparente.

Raymond Ndong Sima a dénoncé un manque de rigueur dans les évaluations des agents et a remis en cause la capacité du gouvernement à contrôler l’efficacité de ses ministères. Selon le Premier ministre, si les agents publics se mettaient réellement au travail, l'administration publique ne serait pas moribonde. L’année dernière, il a réuni les directeurs centraux des ressources humaines et il leur a demandé quels étaient les effectifs dans leurs ministères ?

En se montrant incapable de fournir les efffectis, il a fallu se rendre à l’évidence que les DCRH (directeurs centraux des ressources humaines), n’ont aucune visibilité réelle sur leurs ministères.

Le Premier ministre a rappelé que les évaluations des agents publics étaient une pratique courante il y a quelques années. Les évaluations étaient effectives, lorsqu’il a commencé à travailler. Les agents publics étaient noté tous les trimestres. Il a déploré que ce système de contrôle ait été abandonné au fil du temps. Pour illustrer son propos, il a pris l'exemple de l'armée :
“D’ailleurs, je vous fais remarquer que tous les militaires continuent à évaluer leurs personnels. Pourquoi les militaires évaluent-ils les leurs et les civils n’évaluent-ils pas les leurs ? Et pourtant, c’est la même administration. C’est la même caisse qui paie”

Dans son discours, Raymond Ndong Sima a souligné que celui qui finance, c’est-à-dire l’État, a le droit d’évaluer le travail de ses fonctionnaires.
“Celui qui paie a le droit d’évaluer. Celui qui paie doit évaluer. Celui qui paie doit contrôler. Il faut que l’évaluation se fasse de façon objective”
a-t-il insisté. Il a également interrogé les responsables des ministères sur l’efficacité de leurs évaluations :
“Qui doit évaluer ? Ce n’est pas vous, les inspecteurs généraux et adjoints et les secrétaires généraux ? Que faites-vous de vos évaluations ? Où en êtes-vous ?”

Le Premier ministre a également regreté l’absence de résultats tangibles à la fin de chaque année et d'objectifs à atteindre.
“Comment sait-on qu’on a atteint les objectifs qu’on s’est assignés ? S’il n’y a pas une évaluation, chacun fait comme il veut. Et l’année se termine. Chacun se dit ‘bon, l’année est terminée’, et alors ? Au niveau bilan, qu’avez-vous fait ? Et qu’avez-vous de ces évaluations ?”
a-t-il ajouté.
Là où certains prônent l’intervention de cabinets externes pour effectuer des évaluations, Raymond Ndong Sima a affirmé que les compétences nécessaires pour évaluer les agents publics existent déjà au sein du gouvernement.
“Faut-il vraiment que quelqu’un arrive de l’extérieur pour évaluer ? Oui, on va aller chercher à l’étranger, je ne sais quelle société, quelle entreprise en Europe, en Amérique pour venir nous donner la leçon ? Mais vous avez les compétences pour faire ces évaluations. Ces compétences existent chez nous. On n’a pas besoin d’aller les chercher. Vous les avez”
a-t-il souligné avec fermeté.
Le Premier ministre n’a pas manqué de questionner l’inertie du système :
“Alors comment cela se fait-il que ça ne marche pas ? Il y a un problème”
Raymond Ndong Sima souhaite renforcer la performance des ministères et assurer une gestion publique de qualité, à la hauteur des attentes des citoyens.
Loin de se résigner, Raymond Ndong Sima semble déterminé à remettre l'évaluation des agents publics au cœur de la gestion gouvernementale. Pour lui, l’heure est venue de mettre en place un système d’évaluation rigoureux et objectif, capable de garantir un contrôle effectif du rendement des fonctionnaires et, par conséquent, de répondre aux défis administratifs du pays.