POURQUOI LE PARTI DÉMOCRATIQUE GABONAIS S'EST-IL SCINDÉ EN DEUX ?
Le Parti Démocratique Gabonais (PDG), force politique historique du pays, traverse une crise périlleuse. L’élection de Blaise Louembe à la tête du directoire a rapidement provoqué une fronde interne. Un groupe influent de cadres, sous la conduite d’Ali Akbar Onanga Y'Obegue et de Me Francis Nkea Ndzigue, conteste cette nomination, l’accusant de violer les statuts du parti et de mener un coup de force. Selon eux, ce processus électoral n’a pas respecté les principes démocratiques et expose le PDG à une dérive autoritaire.

Ce schisme, inédit dans l’histoire du parti, menace de fragiliser l’unité du PDG, déjà éprouvé par des tensions internes et la pression politique croissante. Alors que la lutte pour le contrôle du parti s’intensifie, les observateurs s’interrogent sur les raisons de cette fracture. Cette scission du PDG est principalement due à des facteurs internes. Loin des arguties juridiques, il s’agit premièrement d’un conflit de leadership. La compétition pour le leadership au sein du PDG, en particulier entre Blaise Louembe et Ali Akbar Onanga, est à son paroxysme. C’est cette compétition qui a exacerbé les tensions. Chaque tendance revendiquant une légitimité différente pour diriger le parti, avec des soutiens politiques et idéologiques divergents.

Différences idéologiques et stratégiques opposent également les deux camps qui ne parlent plus le même langage. Les deux tendances ont des visions extrêmement différentes sur la direction à prendre pour le futur du PDG. Tandis que certains prônent une approche plus réformatrice, d'autres préfèrent maintenir l'orientation traditionnelle du parti.
Les ambitions personnelles sont venues se greffer à ce tableau. Blaise Louembe est très ambitieux. Ali Akbar Onanga Y’Obegue n’est pas en reste. Les ambitions politiques de Louembe et d’Onanga vont disloquer le parti. Chacun d'eux souhaitait renforcer sa position au sein du PDG. Et cette rivalité éclatante a contribué à la formation de groupes rivaux.

Le 12 avril 2025, les Gabonais seront appelés aux urnes pour élire leur prochain Président de la République. Et cette échéance électorale aiguise des appétits. Les divergences de vision par rapport aux joutes électorales à venir, en particulier la manière de répondre à la gestion des futures campagnes électorales, ont accentué les fractures entre les deux tendances.

De ces deux tendances du PDG, nul ne sait qui aura le dernier mot. Chacune tentant de se positionner comme la véritable force dirigeante du parti. La suite de ce combat sans merci se disputera devant les tribunaux. En effet le directoire du PDG de Blaise Louembe sera bientôt traduit en justice pour « faux, usurpation de titre et détournement de deniers publics » par le directoire du PDG d'Ali Akbar Onanga Y'Obegue.