PRÉSIDENTIELLE 2025: POURQUOI NOËL BERTRAND BOUNDZANGA FAIT-IL VOLTE-FACE ?
Le 20 février 2025, le Gabon s'éveille à une annonce inédite : Noël Bertrand Boundzanga, universitaire engagé et figure montante de la société civile, dévoile sa candidature à l'élection présidentielle prévue pour le 12 avril 2025. Quelques jours plus tard, le 4 mars, il se retire, jetant un éclairage brutal sur les tensions qui secouent la politique gabonaise à l'approche du scrutin. Entre ces deux moments, un événement formidable: le soutien de la plate-forme Téléma, un front politique soutenant sa démarche. Mais qu’a-t-il pu se passer pour que l’enseignant-chercheur fasse volte-face ?
Le 20 février 2025, l’ambiance à Libreville est marquée par l’annonce de Noël Bertrand Boundzanga, un universitaire reconnu et une voix de la société civile. Devant un public attentif, Noël Boundzanga annonce sa candidature à l’élection présidentielle. Il affirme son ambition de changer le cours du pays. Cette annonce symbolise pour les partisans de Téléma un tournant. Ensemble, ils croient en un avenir différent pour le Gabon. Loin des dynasties politiques, ils voient en Noël Bertrand Boundzanga un porte-étendard du changement, d’un autre modèle de gouvernance.
Mais, dès le 4 mars, Noël Bertrand Boundzanga annonce son retrait de la course présidentielle. Quelques jours après son entrée en lice, il met fin à sa candidature, en dénonçant un processus électoral qu’il juge totalement biaisé. Pour lui, l'élément central du problème réside dans la candidature du président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, qu’il considère comme une trahison des principes démocratiques.
« Le 4 septembre 2023, le Président de la transition avait promis de remettre le pouvoir aux civils à travers une élection libre et transparente. Aujourd’hui, en annonçant sa candidature, il renie sa parole et trahit la confiance du peuple gabonais »
déclare-t-il.
Pour Noël Bertrand Boundzanga, le processus électoral est désormais un simulacre, une fausse alternance qui ne fait que légitimer le statu quo. Il dénonce l’incohérence d’un Président de la transition qui se place à la fois comme acteur et arbitre du scrutin, transformant ainsi l’élection en un
« coup d’État déguisé »
qu’il refuse de cautionner.
L’un des arguments fondamentaux avancés par Noël Bertrand Boundzanga pour justifier son retrait est la violation manifeste des engagements pris lors du coup de libération de 2023. La Charte de la transition, que le Président Brice Clotaire Oligui Nguema avait signée, stipule clairement que les membres du gouvernement en place ne peuvent pas se porter candidats à l’élection censée restaurer l’ordre démocratique. Pour Noël Bertrand Boundzanga, la présence du Président de la transition dans la course électorale constitue une rupture flagrante de cette Charte et une violation de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.
« Nous ne pouvons pas cautionner une mascarade politique »
martèle-t-il, faisant référence à des décennies de pouvoir concentré entre les mains d’un même clan, qui a toujours cherché à étouffer toute véritable alternance démocratique. Pour Noël Bertrand Boundzanga, cette élection ne serait qu’un
« prolongement déguisé »
de la domination d’un clan politique sur le Gabon, et il n’acceptera pas d’y participer.
Malgré son retrait de la course, Noël Bertrand Boundzanga reste catégorique : son engagement pour la démocratie et la justice ne prend pas fin avec cette annonce. S’il renonce à briguer la présidence, il refuse de se laisser réduire à un simple spectateur d’un processus qu’il juge dévoyé. Il appelle ses partisans à ne pas baisser les bras, en affirmant :
« Je sais que cette décision vous fait souffrir, comme elle me fait souffrir. Mais je sais aussi que vous comprenez son sens profond. L’histoire ne s’arrête pas là »
Son retrait est pour lui une manière de préserver sa cohérence politique et de refuser de légitimer ce qu’il considère comme une manipulation du peuple gabonais.