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MALI : SUSPENSION DES PERMIS D’EXPLOITATION MINIÈRE ARTISANALE POUR LES ÉTRANGERS

MALI : SUSPENSION DES PERMIS D’EXPLOITATION MINIÈRE ARTISANALE POUR LES ÉTRANGERS
Le Mali a pris une décision importante ce 5 mars 2025 lors de son conseil des ministres : la suspension de l’octroi de nouveaux permis d’exploitation minière artisanale aux étrangers

Le Mali a pris une décision importante ce 5 mars 2025 lors de son conseil des ministres : la suspension de l’octroi de nouveaux permis d’exploitation minière artisanale aux étrangers. Cette mesure intervient après une série de tragédies survenues dans les mines du pays, visant à protéger les travailleurs tout en réorganisant un secteur crucial, mais souvent mal encadré.


Les raisons de cette décision sont claires : deux catastrophes récentes dans les mines artisanales ont fait des dizaines de victimes. Le 15 février 2025, un effondrement de mine dans la région de Kayes, l'une des zones les plus riches en or du pays, a fait 43 morts, principalement des femmes. Quelques jours plus tôt, le 29 janvier, l’inondation d’un tunnel minier dans le sud-ouest du Mali a causé la mort de 13 mineurs, dont des femmes et trois enfants, plongés dans un accident tragique.


Devant ces drames humains, le gouvernement malien a décidé, lors de sa réunion hebdomadaire du 5 mars, de suspendre l’octroi de nouveaux permis miniers aux ressortissants étrangers. Cette mesure vise à renforcer la régulation de l’exploitation artisanale de l’or, un secteur réputé pour sa grande informalité et ses conditions de travail souvent dangereuses. En outre, le gouvernement a pris la décision de limoger plusieurs responsables administratifs et sécuritaires en charge de la gestion de ces sites miniers.


Le Mali est l'un des plus grands producteurs d'or du continent africain et cette ressource constitue un pilier de son économie. Les mines industrielles du pays, opérées par des multinationales telles que Barrick Gold, B2Gold, Resolute Mining ou Hummingbird Resources, génèrent des revenus importants pour l'État. Toutefois, une grande partie de la production d'or provient de l'exploitation artisanale, un secteur où des millions de Maliens, souvent dans des conditions précaires, se battent pour extraire le métal précieux.


Depuis la prise de pouvoir des autorités militaires en 2020, le gouvernement a entrepris une refonte du secteur minier. L’objectif est de maximiser les retombées économiques pour l'État face à la hausse des prix de l’or. Cette volonté de régulation a cependant entraîné des tensions avec certaines entreprises étrangères, comme Barrick Gold, qui se trouve en litige avec l’État malien concernant des questions de contrats et de taxation.


Outre les défis liés à la sécurité et à la régulation du secteur artisanal, le Mali doit faire face à une autre difficulté majeure : la chute de sa production d’or industrielle. En 2024, la production d'or a diminué de 23 %, un recul significatif qui soulève des inquiétudes quant à la stabilité économique du pays à moyen terme. Cette baisse de la production industrielle survient dans un contexte où l'État malien cherche à renforcer son contrôle sur les ressources minières et à réorienter les bénéfices issus de l’exploitation de l’or vers les caisses de l’État.


Le gouvernement malien a décidé de réagir rapidement face à ces multiples défis. Si la suspension des permis miniers artisanaux aux étrangers pourrait renforcer la sécurité dans le secteur, elle soulève également des questions sur l'avenir de la production artisanale et sur l'impact de cette politique sur les relations avec les investisseurs étrangers.


Le Mali se trouve à un carrefour décisif, avec un secteur minier en pleine mutation et des choix politiques qui s’annoncent déterminants pour son avenir économique. Si les autorités maliennes entendent mieux encadrer l’exploitation de l’or et sécuriser les conditions de travail des mineurs artisanaux, elles devront également trouver un équilibre entre l’exploitation de cette ressource vitale pour le pays et la gestion des relations avec les investisseurs étrangers.


 

Par Pamphile EBO

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