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JOSEPH LAPENSÉE ESSINGONE : « L’INADÉQUATION FORMATION-EMPLOI, UNE PROBLÉMATIQUE FACILE À RÉSOUDRE »

JOSEPH LAPENSÉE ESSINGONE : « L’INADÉQUATION FORMATION-EMPLOI, UNE PROBLÉMATIQUE FACILE À RÉSOUDRE »
Un problème qu'il considère comme étant largement surmontable, sous certaines conditions.

Joseph Lapensée Essingone, candidat à l’élection présidentielle du 12 avril 2025, a pris la parole ce 17 mars 2025, sur sa page Facebook, pour aborder une question clé du développement socio-économique du Gabon : l’inadéquation entre la formation et l’emploi. Un problème qu'il considère comme étant largement surmontable, sous certaines conditions.


Dans son discours, Essingone a souligné que l’un des principaux obstacles à la résolution de cette problématique réside dans le rôle de l'État.


« C'est l'État qui oriente les jeunes vers certaines formations, et c’est lui qui crée les dispositifs d'orientation et de formation »


a-t-il insisté. Il a ajouté que le gouvernement a une responsabilité majeure dans l’adéquation entre les compétences acquises à l'école et les besoins du marché du travail. Il a pris l'exemple des générations passées, qui ont dû s'adapter aux avancées technologiques, comme l’apparition des ordinateurs.


« Des gens ont trouvé un emploi avant l’arrivée des ordinateurs, sans avoir été formés pour cela, mais ils ont fait des formations continues pour se mettre à niveau. C'est à l'État d'assurer cette continuité »


a précisé le candidat.


Joseph Lapensée Essingone a également interrogé l'orientation des jeunes par rapport à certaines formations. Selon lui, l'État a pendant longtemps conseillé aux jeunes de se tourner vers des études en histoire, en géographie, en sciences naturelles, entre autres.


« Qui a orienté les enfants à se former dans ces disciplines ? C’est l’État. C’est lui qui a ouvert les établissements et mis en place les programmes de formation »


a-t-il ajouté.


Revenant sur son propre parcours, il a rappelé l’ouverture de l’Institut des sciences et technologies (IST) à son époque universitaire, un établissement qui, selon lui, a permis à de nombreux jeunes gabonais d’accéder à des formations en adéquation avec les besoins économiques émergents, notamment dans le domaine de l’informatique. Il a souligné qu’à l’époque, les jeunes étaient fortement incités à se former à l’informatique, pour ne pas devenir des


« illettrés du 3ème millénaire ».


Néanmoins, il ne faut pas occulter la réalité actuelle du marché de l’emploi, selon Joseph Lapensée Essingone.


« Beaucoup d’enfants aujourd’hui travaillent, mais n’exercent pas les métiers pour lesquels ils ont été formés. Ils ont dû se reconvertir »


a-t-il déploré. Et de pointer du doigt les mécanismes existants :


« La formation continue permet de rattraper les insuffisances, car il y a des entreprises qui mettent en place des programmes de formation pour leurs employés »


Le candidat à la présidentielle a également mis en exergue l’inefficacité des politiques de recrutement dans la fonction publique gabonaise. À ses yeux, le gel des recrutements dans certains secteurs de la fonction publique n'est pas un signe d’une réelle absence de besoin en matière de compétences juridiques, économiques ou pédagogiques.


« Quand l’État gèle les recrutements, cela ne veut pas dire qu'il n’a plus besoin de juristes, d’économistes ou d'enseignants. C’est une fausse idée. Dans les régions comme le Moyen-Ogooué ou le Haut-Ogooué, les besoins en gestionnaires ou conseillers juridiques sont évidents »


a-t-il affirmé. Il a en même temps pointé du doigt une gestion inefficace des ressources humaines dans les collectivités locales.


Enfin, Joseph Lapensée Essingone a exprimé son inquiétude face à la situation actuelle des collectivités locales, souvent gérées par des retraités ou des personnes sans formation appropriée, mais ayant une forte popularité politique.


« Nous avons des collectivités locales gérées par des anciens cadres retraités ou des villageois qui, bien qu’ayant des états de service politiques, manquent de la formation nécessaire pour gérer efficacement ces structures »


a-t-il déploré.


Pour Joseh Lapensée Essingone, la résolution de l'inadéquation entre la formation et l’emploi repose donc sur un engagement clair de l’État à revoir son approche des orientations et formations, et sur une véritable politique de renforcement des capacités dans les entreprises et les institutions publiques. 


 

Par Pamphile EBO

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