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PARIS PROCÈDE SYMÉTRIQUEMENT À L’EXPULSION DE 12 DIPLOMATES ALGÉRIENS

PARIS PROCÈDE SYMÉTRIQUEMENT À L’EXPULSION DE 12 DIPLOMATES ALGÉRIENS
Moins de vingt-quatre heures après l’annonce par les autorités algériennes de l’expulsion de douze diplomates français, Emmanuel Macron a ordonné, ce mardi 15 avril 2025, une riposte symétrique

La tension monte d’un cran entre Paris et Alger. Moins de vingt-quatre heures après l’annonce par les autorités algériennes de l’expulsion de douze diplomates français, Emmanuel Macron a ordonné, ce mardi 15 avril 2025, une riposte symétrique : 12 agents du réseau consulaire et diplomatique algérien en France seront à leur tour expulsés, et l’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet, est rappelé « pour consultations ».


Ce nouvel accès de fièvre entre les deux pays est un tournant abrupt dans une relation bilatérale déjà fragilisée depuis plusieurs mois. La France exprime sa « consternation » face à ce qu’elle qualifie de « dégradation brutale » de ses liens avec l’Algérie, survenue à peine deux semaines après un appel entre les présidents Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune, censé amorcer un apaisement.


Cette escalade diplomatique s’inscrit en toile de fond d’une affaire judiciaire hautement sensible : l’arrestation en France de trois ressortissants algériens, dont un agent consulaire, mis en examen le 11 avril 2025 pour


« arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire » ainsi que pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle »


ls sont soupçonnés d’avoir participé à l’enlèvement, en 2023, de l’influenceur et opposant algérien Amir Boukhors, plus connu sous le pseudonyme Amir DZ.


Les faits reprochés sont d’une gravité extrême, touchant à la souveraineté du territoire français. Dans l’Hexagone, l’affaire suscite l’indignation, d’autant qu’elle implique un diplomate — protégé par le statut consulaire — dans une entreprise qualifiée de « criminelle » par la justice. De son côté, Alger a vigoureusement dénoncé ce qu’elle considère comme une « cabale judiciaire inadmissible » et un « argumentaire vermoulu et farfelu » de la part des autorités françaises.


Cette crise vient s’ajouter à une série de désaccords accumulés ces derniers mois : l’appui de la France au plan marocain pour le Sahara occidental, qui avait provoqué en août 2024 le rappel de l’ambassadeur algérien ; le refus d’Alger de réadmettre certains de ses ressortissants frappés d’OQTF (Ordre de quitter le territoire français) en France ; ou encore, l’arrestation controversée de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, toujours emprisonné malgré les appels répétés de Paris à sa libération.


Dans ce contexte déjà tendu, le déplacement à Alger début avril 2025 du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, ainsi que l’échange téléphonique entre Macron et Tebboune semblaient offrir une fragile accalmie. Elle n’aura pas survécu à l’affaire Amir DZ.


Face à ce qu’elle perçoit comme une tentative d’intimidation diplomatique, la France affiche une posture résolue. « La France défendra ses intérêts », martèle l’Élysée, tout en réaffirmant « l’ambition » qu’elle continue à nourrir pour ses relations avec l’Algérie, compte tenu des liens historiques et humains entre les deux pays. Mais Paris considère que la coopération, notamment migratoire, ne peut se faire qu’avec le respect strict des obligations bilatérales.


Sur le réseau X, Jean-Noël Barrot accuse directement Alger d’avoir « choisi l’escalade » et justifie la réplique française. Invité sur France Inter mercredi matin 16 avril 2025, il a enfoncé le clou :  


L’épisode actuel ravive les plaies d’une relation marquée par la complexité postcoloniale, les enjeux migratoires, la sécurité et la mémoire. Les récentes initiatives pour renouer le dialogue apparaissent aujourd’hui comme des tentatives vaines.


« Si nous voulons des résultats pour les Françaises et les Français, il nous faudra un jour ou l’autre revenir à un dialogue franc, lucide et exigeant »


a conclu Jean-Noël Barrot. Il a appelé à sortir d’un cycle de provocations réciproques.

Par Pamphile EBO

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