PONT DE NZENG-AYONG : UN TROU BÉANT SUR LA CHAUSSÉE ET À PROXIMITÉ DE L’ÉDIFICE SOUS LE REGARD INDIFFÉRENT DES AUTORITÉS
C’est une réalité dangereuse, et pourtant négligée.A proximité du pont de Nzeng-Ayong, situé dans le 6ème arrondissement de la capitale gabonaise, un véritable piège à ciel ouvert guette les automobilistes. Un trou béant déchire la chaussée, exposant chaque jour la population à un risque mortel. Et ce, sans aucune signalisation, sans aucune protection, comme si les autorités compétentes avaient fermé les yeux.
À cet endroit névralgique de Libreville, fissures profondes, infiltrations d’eau, canalisation bouchée et érosion galopante dressent le tableau d’un désastre annoncé. En plein cœur de ce chaos urbain, un cratère s’est formé, au milieu de la voie, obligeant piétons et véhicules à slalomer, parfois à leurs risques et périls. Pire encore, des commerçants, installés à quelques pas de ce gouffre, continuent leurs activités en toute insouciance, souvent accompagnés de leurs jeunes enfants.
Pour Cyril Allogho, un habitant du quartier, la situation est alarmante:
« Le constat il est quand même assez amer. On ne sait même pas à quel niveau exact la structure est touchée. Le danger est là, sous nos yeux, ce taxi peut se renverser à tout moment. Moi, avec mon casque, je prends souvent cette ruelle… mais c’est devenu vraiment dangereux »
Des propos qui font froid dans le dos comme celui de Marcel Ndoutoume, un autre passant, qui redoute une tragédie :
« Un accident peut arriver à tout moment. C’est peut-être la pluie qui a fragilisé la route, mais ce n’est pas une excuse. Nous interpellons les plus hautes autorités. Elles doivent agir maintenant, pas après un drame. Les preuves sont là. Ce que vous avez filmé, d’autres le vivent au quotidien »
Face à cette menace imminente, le mutisme des autorités locales et gouvernementales est assourdissant. Est-ce là le reflet d’une inconscience administrative ? D’un désintérêt envers une population déjà éprouvée par d’autres défis ? À l’heure où le pays s’engage dans une nouvelle ère politique et sociale, ce type de négligence est surprenant.
Il ne s’agit plus de prévention, mais d’urgence. Car le pont de Nzeng-Ayong n’est pas une ruelle secondaire. Il s’agit d’un axe stratégique, régulièrement emprunté par des centaines d’élèves, de travailleurs, de familles. La reprise des classes est fixée mardi prochain 22 avril 2025. Laisser ce pont en l’état, c’est exposer des vies innocentes à un risque inacceptable.
Chaque jour qui passe sans intervention est un jour de trop. Les autorités sont désormais face à leurs responsabilités : réparer, sécuriser, protéger. Et surtout, écouter les cris d’alerte d’une population qui ne demande qu’à passer par là sans crainte.