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PAS DE TROISIÈME MANDAT POUR TOUADÉRA

PAS DE TROISIÈME MANDAT POUR TOUADÉRA
Cette affluence illustre le rejet massif par la population d’un éventuel troisième mandat du président Faustin-Archange Touadéra.

Le 4 avril 2025, les rues de Bangui ont été le théâtre d’une mobilisation inédite de l’opposition démocratique centrafricaine. Autorisée in extremis par les autorités, cette manifestation pacifique a rassemblé une foule importante, bien au-delà des attentes. Pour Martin Ziguélé, ancien Premier ministre et figure de l’opposition, cette affluence illustre le rejet massif par la population d’un éventuel troisième mandat du président Faustin-Archange Touadéra.


« Les Centrafricains ne veulent pas d’un troisième mandat. Ils n’attendaient qu’une occasion pour le dire »


affirme Martin Ziguélé sur RFI. Selon lui, cette marche, organisée par le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), est une réponse citoyenne à une dérive autoritaire marquée, entre autres, par l’adoption controversée d’une nouvelle Constitution en août 2023. Ce texte, issu d’un référendum décrié par l’opposition, ouvre la voie à une nouvelle candidature de Touadéra.


Pour Martin Ziguélé, cette manœuvre constitue ni plus ni moins qu’un « coup d’État constitutionnel », équivalent, dans son esprit, à ceux perpétrés par des juntes militaires dans la sous-région.


 « Le président Touadéra a prêté serment sur la Constitution de 2016, qui limite les mandats à deux. Il doit respecter ce serment »


martèle-t-il.


Malgré tout, l’opposition ne ferme pas la porte à la présidentielle de fin 2025.


« Nous ne disons pas que nous allons boycotter. Nous disons que nous voulons un dialogue politique »


précise Martin Ziguélé. Un dialogue sans préalable, qui permettrait de garantir des élections inclusives et transparentes. Il insiste aussi sur la nécessité de revenir sur les dispositions de la nouvelle Constitution qui excluent les binationaux de la course à la présidence. Une mesure qu’il juge discriminatoire et motivée par des calculs politiques.


Éligible lui-même, Martin Ziguélé défend une vision inclusive :


« On ne peut pas dire à quelqu’un qui a été candidat à plusieurs reprises qu’il ne peut plus l’être, simplement parce qu’il a une double nationalité»


Il rappelle les précédents de 2005 et 2011, où des médiations régionales ont permis d’éviter l’exclusion de candidats majeurs.




Par Pamphile EBO

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