AMISSA : LE VILLAGE BAKOTA DÉSERTÉ
Le village Bakota, niché dans le quartier Amissa au sein de la commune d’Akanda, est en train de perdre peu à peu son âme. Jadis animé par la vie de ses locataires, le site se vide inexorablement. En cause : des inondations à répétition, devenues le quotidien cauchemardesque des habitants. Les investissements réalisés à long terme s’enfoncent désormais dans l’eau, à l’image des murs fragilisés, des routes impraticables et des rêves engloutis.
« J’habite ici à Angondjé Ntoum depuis plus de 20 ans, juste derrière Amissa Bongo. À chaque pluie, un lac se forme »
explique Paul Élie Békalé, très inquiet. Son véhicule, comme ceux de ses voisins, est constamment sujet à des réparations à cause de l’humidité excessive. Sa barrière menace de s’effondrer.

« On vit dans un état de sinistre permanent »
ajoute-t-il. Un collectif de riverains a été formé. Les démarches auprès de la mairie sortante et de l’Agence nationale de l’urbanisme (ANUTTC) n’ont débouché sur aucune action concrète.
« J’ai cinq enfants et on patauge dans l’eau en permanence »
confie-t-il, désemparé.
La détresse est partagée à quelques mètres de là, à Bakota même. Leroungou Toussaint, habitant du village, évoque une salle de fêtes construite récemment comme l’élément déclencheur des problèmes.
« Avant, l’eau circulait normalement. Mais aujourd’hui, à chaque pluie, elle stagne, entre dans les maisons »
Il pointe du doigt une barrière érigée au bas du quartier, qui bloquerait l’écoulement naturel des eaux pluviales.

« Malgré les petits passages qu’on a laissés ici, l’eau ne passe plus. C’est cette grande barrière là-bas qui en est la cause »
Les habitants n’en peuvent plus. Chaque saison des pluies ravive la peur de perdre davantage : meubles, infrastructures, et parfois, leur dignité. Dans un quartier où le moindre orage se transforme en catastrophe, l’inertie des autorités locales laisse un goût amer.

Aujourd’hui, une fois encore, le dossier des inondations d’Amissa et de Bakota est rouvert et déposé sur la table de la municipalité d’Akanda. Les résidents espèrent cette fois trouver une oreille attentive.