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PAIEMENT DES BOURSES ET LIBÉRATION DES GRÉVISTES

PAIEMENT DES BOURSES ET LIBÉRATION DES GRÉVISTES
Ils dénoncent le non-paiement prolongé de leurs bourses et exigent la libération immédiate de cinq de leurs camarades arrêtés plus tôt dans la journée, lors d’une manifestation pacifique.

Un climat de tension régnait ce mardi 22 avril 2025 devant le ministère de la Culture. Dès les premières heures de la matinée, des dizaines d’étudiants de l’École nationale d’art et de manufacture (ENAM) se sont réunis pour lancer un mouvement de grève massif. Réunis sous la bannière d’un collectif étudiant, ils dénoncent le non-paiement prolongé de leurs bourses et exigent la libération immédiate de cinq de leurs camarades arrêtés plus tôt dans la journée, lors d’une manifestation pacifique.


Installés sur la place devant leur ministère de tutelle, les étudiants n’ont pas mâché leurs mots pour exprimer leur colère. Les pancartes brandies et les slogans scandés exprimaient le profond sentiment d’abandon constaté par les étudiants de la part des autorités.


« La situation aujourd’hui à l’ENAM frôle la catastrophe »


affirme Ive Lazard Malekou, étudiant engagé au sein du collectif. 


« Après avoir multiplié les préavis de grève, les étudiants se retrouvent toujours dans l’incapacité de subvenir à leurs besoins. Pourtant, le 25 mars dernier, Madame la Ministre, lors d’une visite à notre école, nous avait promis que les bourses seraient payées dans la semaine suivante. Rien n’a été fait »


Un double sentiment de trahison flotte dans l’air. Les étudiants rappellent qu’un engagement similaire avait été pris par le Président de la République, en personne, lors de sa visite à l’Université Omar Bongo le 10 mars 2025. Là encore, il avait promis que les arriérés de bourses seraient réglés sans délai. À ce jour, aucun versement n’a été effectué.


« Aujourd’hui, nous sommes le 22 avril. Et toujours rien »


martèle Ive Lazard Malekou.


Mais le rassemblement a rapidement viré à l'affrontement. Selon plusieurs témoins sur place, les forces de l’ordre sont intervenues avec brutalité, alors même que la manifestation se voulait pacifique. L’intervention musclée a abouti à l’arrestation de cinq étudiants, jetant de l’huile sur un feu déjà bien ardent.


Juste Leom Nzengué, un autre étudiant de l’ENAM, dénonce une violence injustifiée :


« Alors qu’on manifestait sans violence, la police est arrivée et a commencé à frapper. Certains d’entre nous ont été bastonnés, d’autres embarqués. Nous sommes ensuite venus devant le ministère pour réclamer la libération de nos camarades et surtout, exiger le paiement immédiat de nos bourses. Et nous ne voulons pas d’avance. Nous réclamons l’intégralité des sept mois »


Dans un climat de méfiance et d’exaspération croissante, les étudiants assurent qu’ils ne reculeront pas tant qu’ils n’auront pas obtenu satisfaction.


« Tant que les sept mois de bourses ne seront pas payés, il n’y aura ni reprise des cours, ni de second semestre »


indique Juste Leom Nzengué.


Pour l’heure, les autorités n’ont pas encore émis de réaction officielle face à la mobilisation. Le silence gouvernemental alimente la frustration et alourdit l’ambiance générale. Sur les réseaux sociaux, les appels à la solidarité se multiplient, tandis que les appels "Libérez Nos Camarades" et "PayezNosBourses" figurent parmi les plus partagés dans le pays.


Un vent d'indignation souffle sur la poputation estudiantine de l'ENAM, bien décidée à se faire entendre jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir.


« Nous n’avons pas voté le 12 avril 2025 pour une police qui piétine nos droits »


s’indigne à nouveau Malekou Ive Lazard.


« Nous voulons nos bourses, nous demandons la libération de nos cinq camarades. Et si cette situation perdure, nous maintiendrons la grève. Ce n’est pas de la provocation, c’est un cri de survie »


L’ENAM se retrouve paralysée.


 

Par Pamphile EBO

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