TITAN
C’est un véritable coup de théâtre dans le paysage politique et économique gabonais : Henri-Claude Oyima, figure incontournable de la finance de sous-région d'Afrique centrale, fait aujourd’hui sensation en entrant dans la cour des grands. À 68 ans, l’homme d’affaires chevronné a été nommé Ministre d’État, ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, avec en prime la lourde responsabilité de la lutte contre la vie chère. Une mission d’envergure, dans un contexte budgétaire tendu, où le pays cherche à concilier croissance et discipline budgétaire.
Auteur d’une prestation haut de gamme à la tête de nombreuses institutions et organismes financiers, Henri-Claude Oyima n’a pas failli à la règle de l’excellence. Son parcours impressionne par sa constance et sa capacité à tirer son épingle du jeu, même dans les environnements les plus instables. Diplômé de l’Université de Washington en administration des affaires et en banque, il commence sa carrière à la Citibank de New York. Mais c’est sur le sol gabonais qu’il bâtira sa légende.
En 1985, il prend les rênes de Paribas Gabon et orchestre brillamment la transition vers ce qui deviendra en 1996 la BGFIBank. L’établissement, alors en perte de vitesse, devient un fleuron bancaire sous sa direction, s’imposant comme un acteur majeur du secteur financier en Afrique centrale. En 2007, il donne un coup de pouce éloquent à son développement avec la création de BGFI International à Paris, devenue BGFIBank Europe, désormais présente sur le marché panafricain.
Mais Henri-Claude Oyima n’entend pas s’arrêter là. Il a également présidé la Confédération patronale gabonaise de 2003 à 2013, puis en août 2022, il reprend les commandes de l’organisation, rebaptisée Fédération des Entreprises du Gabon, après un bras de fer avec son prédécesseur. Il y mène une campagne de séduction auprès des pouvoirs publics, soumettant des propositions audacieuses sur les dettes de l’État envers les entreprises et plaidant pour une organisation patronale unique. Une démarche saluée par les chefs d’entreprises qui parlent tous d’une même voix derrière lui.
Le voilà désormais propulsé sur la scène politique nationale, dans un rôle qui n’est pas à la portée du premier venu. Si son manque d’expérience politique est pointé du doigt, l’homme ne semble pas vouloir baisser les bras. Il caresse l’idée de redresser les comptes publics, tout en dopant l’investissement et en résorbant la dette publique, aujourd’hui estimée à 50 % du PIB. La tâche est ardue, mais le nouveau ministre semble prêt à jouer son va-tout.
Son avènement au pouvoir économique de l’État se fait sous la bénédiction d’un appareil institutionnel en quête de stabilité. Il est désormais observé comme un dernier rempart contre l’instabilité économique. Dans les coulisses, il est entendu qu'il ne va se reposer sur ses lauriers. Il a plusieurs missions remplir : la restructuration du tissu financier, les arbitrages budgétaires, le soutien au secteur privé.
Henri-Claude Oyima est aussi président de la BVMAC – la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale – fruit de la fusion des places de Libreville et Douala, juste avant sa nomination au gouvernement.
Déterminé à venir à bout des problèmes de fond, Henri-Claude Oyima revendique haut et fort son ambition : doter le Gabon d’un budget 2025 à la hauteur des attentes du peuple et des marchés. Il caresse le rêve d’un pays tiré d’affaire, enfin au bout du tunnel. Henri-Claude Oyima, pourrait bien être l'oiseau rare que le pays recherchait.