ENDOMMAGÉE
Dans le 2ᵉ arrondissement d’Oyem, chef-lieu de la province du Woleu-Ntem, la population du quartier Koweït est à bout. Une conduite d’eau endommagée lors de récents travaux de construction d'une route en béton armée est à l’origine d’un ruissellement constant, transformant la voie fraîchement bétonnée en une zone sinistrée.
Ce chantier, rapporte TV+Afrique Oyem, censé améliorer les conditions de vie des riverains, est aujourd’hui au cœur d’un scandale. Les travaux de bétonnage, salués dans un premier temps par les habitants, ont visiblement provoqué la rupture d’une conduite d’eau de la SEEG (Société d'Énergie et d'Eau du Gabon), laissant l’eau potable se répandre librement sur la chaussée.
« C’est la SEEG qui est à l’origine de ça, c’est la SEEG qui doit arranger »
s’indigne Florence Mba, résidente du quartier. Elle raconte une série de promesses non tenues.
« D’après ce que monsieur… nous a dit, il a dit qu’il allait appeler la SEEG pour qu’elle vienne sur le terrain, mais depuis, rien »
Ce qui devait être un soulagement pour les riverains vire au cauchemar. Des flaques stagnantes, des infiltrations, de la boue, et des ordures emportées par l’eau déversée, transforment la ruelle en véritable bourbier.
« Parfois, ça inonde jusqu’à la route. Les enfants balaient, mais ça ne s’arrange pas »
poursuit Florence Mba.
Un autre habitant, visiblement amer, souligne l’ironie de la situation : « Nous étions heureux d’avoir enfin une route. Le président nous a fait un ‘monument’, comme je l’appelle. Mais aujourd’hui, c’est la désolation. »
Face à l’inaction, la frustration monte.
« J’ai appelé le chef de chantier, M. Ndou, plusieurs fois. Il ne répond plus »
Les habitants du quartier Koweït appellent le Président de la République à poursuivre ses efforts en faveur du développement local, en exigeant des réparations urgentes. Car aujourd’hui, l’eau qui devait alimenter les foyers ruisselle dans les caniveaux, et emporte avec elle l’espoir d’un mieux-être durable.
La route, tout juste livrée, menace déjà de se détériorer sous l’effet de l’érosion. Et pour ces citoyens oubliés, il est urgent d’agir avant que le béton armé ne cède définitivement sous la pression de l’eau.