EN DÉTENTION
Au Tchad, l'ancien Premier ministre et chef de l'opposition, Succès Masra, a été formellement inculpé et placé en détention provisoire ce 21 mai 2025 à la Maison d'arrêt de Klessoum. Cette décision fait suite à une accusation grave : celle d’avoir incité au massacre de 42 personnes survenu la semaine dernière à Mandakao, dans le sud du pays.
Selon les autorités judiciaires, une bande audio datant de 2023, dans laquelle Succès Masra appelait à l’autodéfense des populations du sud, serait à l’origine des violences. Le gouvernement soutient que cette déclaration, bien que datant de deux ans, aurait déclenché les événements tragiques de Mandakao.
Mais pour les avocats de l’opposant, l’argument ne tient pas. Ils affirment que cet enregistrement avait été transmis à la police judiciaire le 6 mai 2025, soit plusieurs jours avant les massacres, et n’a donc aucun lien direct avec les faits récents. Me Pierre Mianlengar, membre du collectif de défense, insiste :
« L’audio en question avait déjà été couvert par l'accord du Toumaï signé le 21 octobre 2023. À l'époque, le mandat d'arrêt international contre notre client avait été levé. Il est donc juridiquement inacceptable de relancer les poursuites sur cette base »
Le collectif dénonce une instrumentalisation de la justice. À leurs yeux, la détention de Masra n’est qu’une réponse politique à son engagement et à son influence croissante, notamment à la tête du parti Les Transformateurs.
Le juge d’instruction dispose désormais d’un an pour mener l’enquête. En attendant, la défense compte demander une libération provisoire. Du côté du parti, l’inquiétude grandit.
« Nous alertons sur les risques de traitements inhumains et de pressions sur notre président. Il doit être protégé »
prévient Tog Yeum Nagornar, secrétaire général des Transformateurs.