DÉSEMPARÉS
Dans le quartier Awoungou, situé dans le premier arrondissement de la commune d’Owendo, les robinets sont à sec depuis plusieurs années. Une situation devenue insoutenable pour les résidents, désemparés, qui doivent faire face à une pénurie d’eau potable ayant pour origine des travaux de pavage réalisés sans considération pour les installations existantes.

Selon les témoignages recueillis sur place, c’est l’entreprise chargée du chantier qui aurait sectionné les conduites d’eau pour mener à bien son ouvrage, laissant les habitants dans la tourmente.
« Ça fait trois ans qu’on part chercher de l’eau. Il n’y a rien ici»
Depuis, les foyers doivent parcourir des centaines de mètres pour s’approvisionner ou recourir aux services d’un “clando” qui transporte l’eau contre rémunération.
« Un bidon de 20 litres coûte 200 francs. Et quand on en a plusieurs, c’est un calvaire »
La population, contrainte de boire une eau souvent impropre, subit de plein fouet les conséquences sanitaires.
« L’eau de pluie nous fait gratter le corps. Il n’y a pas de médicaments pour neutraliser les microbes »
Une situation qui a provoqué un tollé général dans le quartier. Les tentatives de dialogue avec les autorités locales sont restées lettre morte.
« On a fait des réunions, mais aucune suite »
Face à ce silence, la colère monte. Certains n’hésitent plus à parler sans langue de bois.
« Ils ont fait la route, mais ils ont décapé tous les tuyaux. Il n’y a plus de compteur. Qu’est-ce qu’on va faire ? »
La communauté locale a l’impression de payer les pots cassés d’une politique mal planifiée, voire montée de toutes pièces sans réelle concertation.
Dans les écoles comme le lycée technique du secteur, la situation perturbe le fonctionnement quotidien. Enseignants et élèves sont contraints d’essuyer les plâtres d’un système défaillant. Les personnes âgées, les enfants, les travailleurs, tous semblent avoir perdu leur latin face à l’absence de réponse concrète.

Les habitants d’Awoungou tiennent bon, sur des charbons ardents, dans l’attente d’une solution durable.
« Quand il pleut, c’est une fête ici»
En attendant qu’on vienne colmater les brèches, les habitants d’Awoungou continuent de payer un lourd tribut.