RÉFUTE FERMEMENT
Le ministère burkinabè de la Défense et des Anciens Combattants a réagi avec vigueur ce vendredi 30 mai 2025, à un article publié par Radio France Internationale (RFI) la veille, dans lequel la radio française affirme que plus de 100 civils auraient été tués le 21 mai 2025 par un convoi composé de militaires burkinabè et de Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP), dans les communes de Dori et Gorgadji, au nord du pays.
Dans un communiqué officiel, les autorités burkinabè dénoncent des accusations
« graves et diffamatoires »
Elles rejetent catégoriquement les faits relatés par le média international. Le ministère souligne
qu’« aucune information crédible ne corrobore »
ces allégations et accuse RFI de relayer une
« information propagandiste »
qui, selon lui, viserait à « déstabiliser le pays » et à « ternir l’image des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ainsi que des VDP ».
Alors que le Burkina Faso reste confronté à une insécurité chronique alimentée par les violences djihadistes, les autorités affirment que les FDS et les VDP
« œuvrent quotidiennement avec courage et détermination pour protéger les populations et restaurer la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire national »
Dans un contexte où les soupçons d’exactions et de bavures alimentent régulièrement les tensions entre le pouvoir et certains médias internationaux, cette mise au point prend une dimension particulièrement politique.
Le ministre d’État, en charge de la Défense, réaffirme
« l’engagement inébranlable du Gouvernement à protéger les civils » et assure que toutes les opérations sont menées « dans le strict respect des droits humains ».
Face à ce qu’il qualifie de tentative de division, le ministère appelle la population à faire preuve de « vigilance » face à des informations susceptibles d’alimenter les fractures communautaires. Il martèle la volonté du gouvernement de « lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes » tout en garantissant « la sécurité de tous les Burkinabè »
Le communiqué intervient alors que des voix s’élèvent, au sein de la communauté internationale et de plusieurs organisations de défense des droits humains, pour réclamer une enquête indépendante sur les événements du 21 mai. Ces ONG expriment leur inquiétude face à la persistance de zones d’ombre dans les opérations militaires, particulièrement dans les régions en proie à l’insurrection.
Dans sa conclusion, le ministère burkinabè réaffirme son attachement à une collaboration étroite avec les populations civiles, dans l’objectif de bâtir « un Burkina Faso uni, stable et prospère ». Mais alors que la pression monte sur Ouagadougou pour faire la lumière sur les faits rapportés par RFI, une éventuelle enquête indépendante pourrait s’imposer comme un test de transparence pour un gouvernement confronté à une guerre asymétrique sur le terrain.