DÉMOLITION
Le compte à rebours a pris fin ce lundi 2 juin 2025. À Libreville, les engins lourds ont entamé la démolition des habitations situées sur le tracé du futur échangeur du Camp de Gaulle et du Boulevard de la Transition, sous le regard résigné des riverains. Une pilule amère pour certains, qui ont vu leurs maisons réduites en gravats, malgré les multiples concertations et avertissements lancés depuis 2024.
Le ministre des Travaux Publics, Edgard Moukombi, a personnellement supervisé l’opération, accompagné d’Adrien Nguema Mba, délégué spécial de la commune, du directeur général de l’ANUTTC, Adelphe Gildas Mickoto, ainsi que des équipes du Génie militaire. Tous ont martelé le même message : l’heure n’est plus aux discours, mais à l’action. Les plus hautes autorités publiques ont pris le taureau par les cornes.
"Le progrès du Gabon passe par des décisions parfois difficiles"
a déclaré une source proche du ministère des Travaux publics et de la Construction, déterminé à mener à bien ces chantiers structurants.
Annoncés de longue date, les projets d’aménagement visent à offrir une nouvelle jeunesse à la capitale gabonaise. Le futur Boulevard de la Transition reliera Jeanne Ebori à l’Assemblée nationale, tandis que les bassins versants permettront de réduire les inondations récurrentes dans cette zone. Une véritable cure de jouvence urbaine, indispensable à la modernisation de Libreville.
Les opérations de déguerpissement ont débuté dans les quartiers de Haut-de-Gué-Gué et Bas-de-Gué-Gué puis derrière l’Assemblée nationale, dans le 1er arrondissement de Libreville. Si certains habitants ont déménagé sans résistance, d’autres ont continué à construire, à contre-cœur, ignorant les avertissements répétés.
« Nous avons mené cinq missions de sensibilisation depuis août 2024. Tout le monde savait »
a rappelé un agent de l’ANUTTC.
Le gouvernement n’écarte pas les grincements de dents : il reconnaît les difficultés humaines liées à ces relocalisations. Toutefois, des mécanismes d’indemnisation sont en place pour les résidents recensés. D’autres quartiers suivront dans les prochains mois.