ACCOMPAGNEMENT
Le Gabon a décidé de changer sa politique agricole : à compter du 1er janvier 2027, l’importation de poulet de chair sera définitivement stoppée. Cette décision ambitieuse vise à donner ses lettres de noblesse à la production avicole nationale, à stimuler l’investissement agricole, à réduire la dépendance alimentaire, à renforcer la balance commerciale, à favoriser l’émergence d’un tissu d’emplois ruraux et à créer des écosystèmes économiques durables.
Un marché de 65 milliards de francs à conquérir
Avec un marché intérieur estimé à 110 millions de dollars américains, soit environ 65 milliards de francs CFA, cette interdiction représente un véritable filon pour les acteurs locaux. La Société des Moulins du Gabon (SMAG), principal producteur de poulet de chair du pays, se trouve désormais face à une opportunité historique de consolider sa position dominante. Cependant, cette ambition ne se limite pas aux grandes entreprises : des producteurs gabonais émergent et font la fierté du pays, prouvant que la relève est possible.
Des défis techniques et financiers à surmonter
Toutefois, la mise en œuvre de cette stratégie ambitieuse de relance de la production nationale et de réduction de la dépendance alimentaire n’est pas sans défis. Les éleveurs locaux disposent-ils des capacités techniques et financières nécessaires pour s’aligner sur les objectifs fixés par les autorités ? Le ministère concerné est-il suffisamment informé des réalités du terrain ? Ces questions demeurent sans réponse claire.
Un accompagnement indispensable
Pour que cette politique ne soit pas une pomme de discorde, un accompagnement structuré s’avère indispensable. Cela passe par des incitations fiscales, des crédits adaptés, des subventions ciblées et un soutien technique renforcé. Sans ces mesures concrètes, les obstacles politiques qui ont freiné l’émergence de véritables filières locales risquent de persister.
Une volonté politique insuffisante
Pendant des années, les obstacles politiques ont freiné l’émergence de véritables filières locales dans ce secteur. Dans ce domaine aussi structurant, rien ne peut évoluer sans une volonté étatique manifeste, accompagnée de mesures concrètes comme des incitations fiscales, des crédits adaptés ou des subventions ciblées. Le Gabon siffle la fin de l’importation du poulet de chair, mais sans une stratégie d’accompagnement solide, cette décision pourrait se transformer en pierre d’achoppement.
Une bouffée d’oxygène pour les éleveurs locaux
Pourtant, cette interdiction peut également être perçue comme une bouffée d’oxygène pour les éleveurs locaux. Elle leur offre une occasion unique de se structurer, d’améliorer leurs pratiques et de répondre à une demande intérieure croissante. Mais pour que cette opportunité se concrétise, un accompagnement adapté est essentiel.
Le Gabon a pris une décision audacieuse en décidant de stopper l’importation de poulet de chair. Mais cette mesure nécessite un accompagnement structuré pour être couronnée de succès.