ACCORD DE PÊCHE
Le Gabon a officiellement annoncé la suspension de l'Accord de Partenariat de Pêche Durable (APPD) qui le liait à l'Union européenne. L’annonce a été faite ce mercredi par Théophane Nzame Biyoghe, porte-parole de la présidence de la République, lors d’une conférence de presse tenue à Libreville.
Selon le représentant de la présidence, la décision a été prise par le chef de l’État le 4 juin 2025, qui a donné instruction au gouvernement, et en particulier à la ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Économie Bleue, de mettre un terme à cet accord dans sa forme actuelle.
“En date du 4 juin 2025, le Président de la République a instruit le gouvernement et plus particulièrement la Ministre de la Mer, de la Pêche et de l'Économie Bleue de procéder à la suspension de l'accord de partenariat de pêche durable, APPD, entre le Gabon et l'Union Européenne”
a déclaré le porte-parole
Trois raisons principales justifient cette suspension. D’abord, l’accord est jugé économiquement déséquilibré. Théophane Nzame Biyoghe a dénoncé un système dans lequel des navires européens exploitent les ressources halieutiques gabonaises contre une compensation financière jugée bien inférieure à la valeur réelle des captures.
« Le Gabon donne beaucoup, mais reçoit trop peu »
a-t-il souligné.
Le deuxième motif mis en avant est l'absence de retombées économiques tangibles pour le pays. Les produits de la pêche sont exportés sans transformation locale, privant ainsi le Gabon de création d’emplois et du développement de filières structurantes. Les promesses européennes d'appui à la modernisation du secteur halieutique gabonais n’auraient, selon la présidence, pas été tenues.
Enfin, des préoccupations environnementales ont été soulevées. Le porte-parole a évoqué une « inquiétude croissante » quant à la durabilité des ressources marines. Il reproche à l’accord de ne pas avoir permis un suivi scientifique rigoureux des stocks ni un contrôle transparent des prélèvements, augmentant ainsi le risque de surexploitation.
La présidence précise toutefois que cette décision ne signifie pas une rupture définitive avec l’Union européenne, mais plutôt le souhait d’ouvrir une nouvelle phase de discussions. Le Gabon dit vouloir
« renégocier un partenariat plus juste, plus équitable, plus souverain »
« Le temps est venu de reprendre la maîtrise de nos ressources, de défendre notre souveraineté économique et de bâtir des partenariats où le Gabon est traité avec dignité »
a assuré Théophane Nzame Biyoghe.