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UN PRÉSIDENT ÉLU

UN PRÉSIDENT ÉLU
Le débat fait rage sur la scène politique gabonaise. Peut-on imaginer un président élu comme indépendant créer son propre parti politique sans risquer de perdre son mandat ?

Le débat fait rage sur la scène politique gabonaise. Peut-on imaginer un président élu comme indépendant créer son propre parti politique sans risquer de perdre son mandat ? C’est la question soulevée récemment par un parlementaire de la transition, relançant un débat juridique et institutionnel sensible au Gabon.


Pour éclairer les citoyens sur cette problématique, TV+Afrique a réuni plusieurs invités sur son plateau. Parmi eux, Pascal Nkoulou, acteur politique, et Stevie Essima, président de l’organisation Expression Citoyenne. Les deux intervenants ont partagé leurs points de vue dans une émission animée par la rédaction politique de la chaîne.


 


Pascal Nkoulou : « Le Président peut créer son parti »


Prenant la parole en premier, Pascal Nkoulou a d’abord exprimé son étonnement face à la polémique. Selon lui, ce débat n’a pas lieu d’être, surtout venant d’un acteur politique expérimenté qui connaît bien les rouages de la République.


Il a ensuite distingué deux notions fondamentales : créer un parti et adhérer à un parti.


« Celui qui crée n’est pas un adhérent, il en est le fondateur. La loi ne prévoit pas les mêmes conséquences juridiques pour les deux cas »


a-t-il précisé.


Pascal Nkoulou a rappelé que si des limitations s’appliquent aux députés ou aux élus locaux,  investis par un parti et donc tenus par des engagements vis-à-vis de leur base, cela ne concerne pas de la même manière un président élu au suffrage universel direct.


« Le président de la République a un mandat national, il représente toute la Nation. Il n’est pas l’élu d’un parti ou d’un territoire spécifique. Une fois élu, sa seule mission est de gouverner l’État »


a-t-il affirmé. Il a estimé que la création d’un parti par le président ne remettrait pas en cause les équilibres politiques.


Pour illustrer son propos, il a proposé une comparaison frappante :


« Le code de la route interdit de brûler un feu rouge, mais une ambulance ou une voiture de pompiers, dans l’exercice de sa mission, peut passer outre. C’est le contexte qui donne tout son sens à la loi »


 


Stevie Essima : vers une lecture plus citoyenne ?


Si Pascal Nkoulou a défendu la possibilité pour le président de créer son propre parti, Stevie Essima, président d’Expression Citoyenne, a quant à lui insisté sur l’importance d’une lecture citoyenne et rigoureuse de la Constitution. Bien que plus nuancé, il n’a pas contesté l’idée selon laquelle un président élu en indépendant pourrait décider de fonder un parti.


Selon lui, il s’agit surtout de garantir la transparence et de prévenir toute instrumentalisation des institutions. Il a appelé à un débat apaisé mais juridiquement encadré, afin d’éviter toute dérive qui pourrait affaiblir la démocratie gabonaise.


 


 


 


 

Par Pamphile EBO

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