BAISSER LE PRIX
Les Gabonais n’en peuvent plus. Voyager en avion à l’intérieur du pays relève de l’exploit, tant les prix exorbitants des billets ont transformé ce mode de transport en privilège réservé à une élite. Même pour un vol d’à peine une heure, les tarifs coûtent les yeux de la tête, suscitant la colère croissante des usagers.
Face à cette envolée des prix et au mécontentement généralisé, le président de la République a décidé de changer de fusil d’épaule. Signe d’une volonté politique affirmée, il a donné des consignes fermes au ministre des Transports : remettre à l’heure une politique tarifaire devenue intenable, et ramener les prix à un niveau accessible pour tous.
Selon les premières informations, un groupe de travail multisectoriel vient d’être mis en place, avec pour mission de remédier à cette situation. L’objectif est d’examiner dans les plus brefs délais les multiples taxes et redevances qui pèsent sur les compagnies aériennes, et donc, indirectement, sur les passagers. Abattements fiscaux, révision des coûts d’exploitation, ouverture à la concurrence : toutes les pistes seront étudiées pour revenir à la normale.
Les causes de cette flambée tarifaire sont connues : faible concurrence sur le marché intérieur, infrastructures aéroportuaires limitées, charges logistiques lourdes, et un régime fiscal jugé asphyxiant. Mais jusqu’ici, peu d’actions concrètes avaient été entreprises pour enrayer le phénomène.
Cette fois, le Président Oligui Nguema met la pression :
« Il attache du prix à ce que ces instructions soient suivies »
a rappelé le ministre des Transports Ulrich Manfoumbi Manfoumbi. Autrement dit, fini les demi-mesures. Le temps est donné, et l’exécutif entend aller vite.
Car derrière les chiffres, c’est toute une économie nationale qui souffre. L’impossibilité pour de nombreux citoyens de se déplacer rapidement d’une province à l’autre freine les échanges, isole les territoires et nuit à la cohésion nationale. Redonner à l’avion son rôle de lien entre les régions du Gabon devient donc une priorité.