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LIBÉREZ LES MANGROVES

LIBÉREZ LES MANGROVES
Constructions illégales, débarcadères clandestins, ventes de terrains en toute illégalité : c’est le chaos total.

Non loin de Cleen Africa, dans le 5ème arrondissement de Libreville, une mangrove autrefois paisible est aujourd’hui en pleine tourmente. Ce joyau écologique, essentiel à la biodiversité et à l'équilibre climatique local, est victime d'une anarchie grandissante. Constructions illégales, débarcadères clandestins, ventes de terrains en toute illégalité : c’est le chaos total. Le site est devenu ce que certains qualifieraient de « cour du roi Pétaud ».


Des concessions construites de façon illégale sur un site protégé, aucun respect de l'environnement ou de l'autorité. Une situation qui sape l’avenir écologique du Gabon et met en péril un écosystème vital. Face à cette menace, les autorités ont décidé de prendre le taureau par les cornes.


Selon Ludovic Megne Ndong, ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme


“À chaque fois qu'il y a du désordre, on ne va pas l'accepter. Le Gabon d'aujourd'hui, c'est un Gabon de fermeté. Là où il y a du désordre, on va mettre de l'ordre. C'est exactement ce que nous sommes venus faire ce matin. C'est-à-dire que les Ouest-Africains qui étaient là, nous ne sommes pas xénophobes, mais il est temps que nous arrangions notre pays. Il est temps que nous mettions la norme et on va continuer comme ça partout”


Les premières mesures ont été musclées : déjà présents pour le repérage, les membres du gouvernement ont mis les bouchées doubles ce jour-là. L'objectif étant de rayer de la carte les bâtisses illégales. Un coup de balai radical qui n’a pas fini de faire avaler la pilule à certains.


Le ministre de l’Environnement, Mays Mouissi, a tapé du poing sur la table face à cette situation “anarchique”: 


“Ce que nous constatons, c'est qu'il y a des ventes de terres anarchiques, avec d'ailleurs des sortes de bornages informels. Et des constats d'infraction ont été faits. Nous avons pris le parti de détruire dans un premier temps, les constructions qui ne font pas aujourd'hui usage d'habitation. On n'impacte véritablement aucune famille qui y vit”


a-t-il déclaré. 


Sur le littoral, un autre fléau se mêle au désordre : un débarcadère illégal et des fumoirs clandestins. Laurence Ndong, ministre de la Mer, a tiré la sonnette d’alarme :


“Trop d'irrégularité sur ce site. 52 débarcadères illicites. Ils prennent nos ressources halieutiques. Ils les exportent de manière illégale et illicite. Nous allons gaboniser ce secteur”


Ce sabotage à ciel ouvert ne passera pas. Le gouvernement entend mettre hors d’état de nuire ces pollueurs et réduire en miettes ce qui s’oppose à la loi.


"La situation de cette mangrove est alarmante. Ce site, vital pour la faune, le climat et les populations locales, est aujourd’hui menacé par une anarchie destructrice. Il est grand temps de mettre hors d’état de nuire les pollueurs. L’action gouvernementale est bienvenue, mais elle doit s’inscrire dans une stratégie durable. Saccager la mangrove, c’est saboter notre avenir commun"


s'insurge un enseignant vacataire en sciences géographiques, environnementales et marines de l'Université Omar Bongo.


Il faut agir, vite, avant que toute la mangrove ne soit définitivement occupée par du béton.

Par Pamphile EBO

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