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LES VÉTÉRINAIRES

LES VÉTÉRINAIRES
Les médecins vétérinaires du Gabon ont désormais leur propre instance de régulation.

Les médecins vétérinaires du Gabon ont désormais leur propre instance de régulation : un Conseil national de l’Ordre a été mis en place ce week-end à Libreville. Ce bureau, élu dans un contexte marqué par la remise en cause des importations de poulet de chair d’ici janvier 2027, constitue une pierre angulaire de la nouvelle stratégie sanitaire et agricole du pays.


Sous la tutelle du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural, cette structure vient en toiletter une profession restée longtemps dans l’ombre, malgré son rôle central dans la chaîne agroalimentaire. Le secteur névralgique qu’est l’élevage avicole connaît aujourd’hui de profonds soubresauts, liés aux récentes décisions gouvernementales.


« Cela nous permet de formaliser un organe qui est extrêmement nécessaire actuellement pour le ministère, surtout dans le nouveau contexte avec les dernières instructions des plus hautes autorités. Il faut œuvrer d'arrache-pied pour qu'à l’horizon 2027, nous mettions un terme à l'importation du poulet de chair », a déclaré Jean Sylver Mve Mintho’o, conseiller juridique au ministère de l’Agriculture.


Les vétérinaires, réunis à l’unisson, ont changé le fusil d’épaule en décidant d’accélérer la structuration de leur métier pour se mettre sur la même longueur d’onde que les exigences sanitaires et économiques nationales. Leur nouveau bureau aura pour mission de « renforcer l’éthique médicale, la veille sanitaire et le dialogue avec les autorités publiques », dans un pays où la sécurité alimentaire devient un enjeu prioritaire.


Cette élection représente aussi une bouffée d’oxygène pour les professionnels de la santé animale. Le Dr Daniel Obame Ondo, député de la Transition et vétérinaire de formation, a souligné : « Il y aura la nécessité de former les éleveurs, d’en faire des producteurs performants. Il faut aussi créer un groupement interprofessionnel avicole puissant pour éviter l'effondrement ou la surproduction, et donc stabiliser les prix »


En toile de fond, la volonté d’appliquer une réforme fond en comble de la filière avicole nationale. Les experts s’accordent à dire que ce Conseil jouera un rôle déterminant pour encadrer les éleveurs et juguler les zoonoses, ces maladies animales transmissibles à l’homme qui représentent une menace croissante. « Si les maladies animales ne sont pas contenues par des laboratoires vétérinaires et des systèmes efficaces de surveillance, nous resterons dans l’éternel recommencement au niveau de la santé publique humaine », a insisté Daniel Obame Ondo.


Le lancement de ce Conseil est ainsi perçu comme une mise en ordre nécessaire après des années de remous et de tâtonnements dans la gouvernance sanitaire du pays. Les vétérinaires entendent désormais aller les bouchées doubles pour remettre à neuf un secteur longtemps laissé en jachère.


Avec cette dynamique nouvelle, les autorités espèrent offrir un avenir plus stable à la production avicole nationale. Le secteur est en train de faire peau neuve et pourrait bien constituer l’un des piliers de la souveraineté alimentaire du Gabon.

Par Pamphile EBO

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