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FILIÈRE PÊCHE ARTISANALE

FILIÈRE PÊCHE ARTISANALE
On le pressentait : l’auditorium allait afficher complet. Une affluence remarquable qui illustre l’intérêt croissant pour un secteur vital mais trop longtemps marginalisé.

On le pressentait : l’auditorium allait afficher complet. Et ce fut le cas. Une affluence remarquable qui illustre  l’intérêt croissant pour un secteur vital mais trop longtemps marginalisé : la pêche artisanale. Cette journée de réflexion et d’échange, organisée par le ministère de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue, a rassemblé pêcheurs, mareyeurs, entrepreneurs, responsables de coopératives et autorités gouvernementales, tous sur la même longueur d’onde : poser les jalons d’un nouveau départ pour la filière.


« C’est une rencontre de vérité »


a déclaré la ministre de la Mer, Laurence Ndong, à l’ouverture des travaux.


« Une rencontre avec laquelle celles et ceux qui, chaque jour, bravent l’humidité des matins et les incertitudes de la mer et de nos eaux intérieures, méritent que nous posions les fondations d’un avenir plus juste pour la pêche artisanale au Gabon »


Il s’agissait de prendre le taureau par les cornes et de s’attaquer aux multiples entraves qui freinent encore le développement de cette activité, pourtant pierre angulaire de notre système alimentaire et économique.


Aux côtés de Laurence Ndong, plusieurs membres du gouvernement ont marqué leur présence, notamment Gninga Chaning Zenaba, ministre de l’Entrepreneuriat, du Commerce, des PME-PMI et des Eaux et Forêts, en charge également des conflits homme-faune. Leur objectif était d'écouter, comprendre et enfin agir.


Durant les échanges, les témoignages poignants ont fusé, mettant en lumière les réalités d’un quotidien difficile. Guy Daniel Issembe, pêcheur expérimenté, n’a pas mâché ses mots :


« En 1978, le moteur 40 chevaux coûtait 320 000 FCFA. Aujourd’hui, il est presque à 4 millions. Quand on demande aux pêcheurs de garder un prix stable, il faut bien que l’activité soit rentable »


Un cri du cœur partagé par Léa Berger Samba, entrepreneure du secteur :


« On parle beaucoup de moyens pour le transport, mais pour la pêche, les acteurs ont beaucoup moins de soutien »


Si le tableau dressé est sombre, les propositions concrètes ont néanmoins émergé comme un baume au cœur. Parmi elles, la nationalisation progressive du secteur, évoquée avec conviction par Yents Kumbe, président de la Coopérative Équatoriale des Pêcheurs du Gabon :


« Aujourd’hui, nous sommes dans la relance de notre économie. Il faut qu’on touche à tous les secteurs capables d’apporter un plus au produit intérieur brut »


Le sujet a toujours alimenté les débats mais rarement avec autant de franchise. La ministre de la Mer l’a reconnu :


« Vos problèmes sont connus, mais aujourd’hui, nous voulons être à la hauteur de votre courage »


Elle a réaffirmé sa volonté d’établir un pacte de responsabilité partagée, une clé du succès pour structurer durablement la pêche artisanale et lui offrir la place qu’elle mérite dans la stratégie nationale de développement.


Ce projet n’est pas encore le bout du tunnel, mais il a le mérite de montrer un autre visage de la gouvernance : celui d’un État à l’écoute. Car il s’agit bien d’une question qui brûle toutes les lèvres. Notre économie a besoin d’une bouffée d’oxygène, et la pêche artisanale, longtemps laissée pour compte, pourrait bien être l’une des solutions préconisées pour y parvenir.


 


 


 

Par Pamphile EBO

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