RÉUNIFICATION EN MARCHE
L’Union du Peuple Gabonais (UPG) semble vouloir renaître de ses cendres. Jeudi 17 juillet 2025, deux formations dissidentes – l’Union et Solidarité (US) de Dieudonné Moukagni Iwangou et l’UPG Loyaliste (UPG-L) de David Mbadinga – ont officiellement signé leur retour au sein de leur parti d’origine. Un come-back présenté comme un retour aux premiers amours.
Nées du schisme consécutif à la disparition en 2011 de Pierre Mamboundou, figure fondatrice de l’UPG, ces deux branches rebelles ont décidé de jeter l’arme des divisions pour fumer le calumet de la paix. Un geste salué comme une bouffée d’oxygène pour un parti longtemps en panne d’unité.
Mais si le décor semble posé pour un nouveau départ, la pierre angulaire d’une réunification durable reste à poser. Du côté du Secrétariat exécutif, qui a maintenu l’UPG debout pendant les années de turbulence, on appelle à prendre le taureau par les cornes. La solution préconisée : un Bureau transitoire neutre, chargé de préparer un congrès refondateur.
« Ce retour des factions dissidentes à l’UPG est symbolique, mais reste largement insuffisant.C’est un premier pas vers la paix des braves, mais la réconciliation véritable exige un cadre structuré, consensuel et inclusif. Sans congrès, sans base claire, ce processus risque d’échouer. L’absence d’unité de vue entre les anciens cadres montre que l’UPG n’a pas encore tiré les leçons du passé. La clé du succès réside dans une gouvernance de transition crédible »
souligne un enseignant de l’Université Omar Bongo.
Toutefois, certains acteurs, comme Matthieu Mboumba Nziengui, ancien président du parti, ne sont pas sur la même longueur d’onde. Et pendant que certains reviennent, d’autres, comme Bonaventure Nzigou Manfoumbi, préfèrent tourner la page, adhérant à l’UDB, nouveau parti présidentiel.
La question qui brûle toutes les lèvres reste entière : l’UPG sera-t-elle capable de corriger ses lacunes et juguler la crise pour redevenir ce qu’elle fut jadis ?