FORMER POUR FORMER
Le centre de formation professionnelle ne doit plus être perçu comme une voie de garage. Tel semble être le mot d’ordre lancé par la direction générale de l’Agence nationale de formation et d’enseignement professionnel (ANFEP), qui a réuni récemment son conseil d’administration ordinaire. Une rencontre très importante présidée par le professeur Daniel Franck Idiata, avec l’objectif de redonner ses lettres de noblesse à la formation professionnelle au Gabon.
Un virage important
Dans une ambiance studieuse mais déterminée, les administrateurs ont saisi l’opportunité pour poser un diagnostic sans complaisance de la situation actuelle. La formation professionnelle, souvent considérée à tort comme un piège ou un gouffre pour les élèves peu performants, pourrait pourtant constituer un levier puissant pour l’insertion des jeunes et la dynamisation de l’économie nationale.
« Il faut que la formation épouse les besoins du marché »
a indiqué Claude Augé Akoulou Eyeleko.le président du conseil. Car il ne s’agit plus simplement de former pour former, mais de garantir une formation de bonne facture, susceptible de répondre aux attentes concrètes des entreprises. Qu’il s’agisse de charpenterie, de menuiserie ou d’affûtage dans le secteur du bois, les centres doivent être capables de fournir des professionnels chevronnés.
Une vision alignée sur le projet présidentiel
Autour de la table, plusieurs entités stratégiques comme le conseil spécial du chef de l’État, la Fédération des entreprises du Gabon (FEG), le Secrétariat d'orientation scolaire, universitaire et professionnelle (SOSUP) ou encore l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG) ont parlé d’une même voix. Tous ont mis l’accent sur la nécessité de coller aux ambitions du projet de société du Président de la République. Ce n’est qu’à ce prix que la formation professionnelle pourra véritablement sortir de l’ombre.
Dans cette dynamique, le sort de certaines structures est déjà scellé : leur fonctionnement actuel sera revisité, pour un système mieux huilé, plus attractif, et surtout capable d’absorber localement les nouveaux bacheliers. Le Gabon ne peut plus se permettre de perdre ses cerveaux à l’étranger faute de solutions locales adaptées.
Des mesures concrètes à l’horizon
Parmi les points saillants abordés : la révision du budget, la création de filières porteuses, ainsi que la stratégie de vulgarisation des métiers dits prioritaires. La question de l’intégration des jeunes bacheliers, notamment dans les CFPP d’Hongkong, a également alimenté les débats.
Alléchée par les nouvelles orientations, la communauté éducative semble prête à voler au secours de la formation professionnelle. Les participants ont été gratifiés de propositions audacieuses qui, si elles sont menées sans encombres, permettront de redynamiser le secteur en profondeur.
Il est temps de sortir la formation professionnelle du fil du rasoir. Dans un pays où le chômage des jeunes prend de l’ampleur, il devient urgent d’offrir des débouchés réels et qualifiants.