PRÈS DE 40 MILLIARDS
C’est une réunion qui n’est pas passée inaperçue à Libreville. Quinze ans après la signature de l’accord de conversion de dettes entre la France et le Gabon, les deux pays ont mis les bouchées doubles pour relancer une coopération très importante: celle de la gestion durable des forêts, cette mamelle nourricière du développement local et de la biodiversité nationale.
Le comité de réorientation stratégique, pièce maîtresse de ce partenariat environnemental, s’est réuni récemment pour éplucher le dossier et passer en revue les acquis, les échecs et surtout tracer la voie à suivre. Il ne s’agissait de faire un bilan, même si 7 projets ont déjà été réalisés et plus de 2,5 milliards de francs CFA décaissés, mais aussi de jeter les bases d’un nouveau dispositif tourné vers l’avenir.
Avec près de 40 milliards de francs CFA engagés depuis 2008, le projet représente une belle carte à jouer pour les deux nations, qui semblent aujourd’hui sur la même longueur d’onde. Le ministre gabonais des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogho, et l’ambassadeur de France au Gabon ont clairement affiché leur volonté de s’accorder les violons et de prendre le taureau par les cornes.
« Nous avons examiné ce qui avait marché et ce qui avait moins bien marché. Il était temps d’en avoir le cœur net et de bâtir sur du concret »
a affirmé un participant. Un grand pas qui n’est pas fortuit, puisqu’il est le signe d’un retour à une volonté politique forte autour de la préservation de l’or vert gabonais.
Parmi les fer de lance de cette relance : un projet ambitieux de renforcement des institutions déconcentrées du ministère, avec un déploiement initial prévu dans quatre provinces. Il devrait aussi permettre d’améliorer les conditions de travail des agents des Eaux et Forêts et proposer des services de proximité aux communautés locales. De quoi mettre du baume au cœur à ceux qui attendent des retombées concrètes dans l’arrière-pays.
Selon l’ambassadeur français Fabrice Mauriès
« l’heure n’est plus à la critique, mais à la construction »
Il ne faut rien laisser au hasard pour que les fonds restants servent à des projets structurants, avec des impacts tangibles. Une clé du succès pour faire de ce programme une bouffée d’oxygène pour les écosystèmes, mais aussi pour les populations.