CONSERVATION DE 30 %
Libreville, capitale du Gabon, accueille le 1er août 2025 un atelier sous-régional d’envergure consacré à la reconnaissance légale des aires et territoires conservés dans le bassin du Congo. Cette rencontre, organisée en plein cœur du deuxième massif forestier tropical de la planète, réunit des représentants gouvernementaux, des partenaires au développement, des ONG et des associations issus de plusieurs pays d’Afrique centrale.
Pendant deux jours, les échanges se concentrent sur un enjeu central : comment reconnaître juridiquement les espaces conservés par les peuples autochtones et les communautés locales afin de contribuer efficacement à l’objectif mondial de conservation de 30 % des terres et des mers d’ici à 2030.
Les participants experts, leaders communautaires, autorités coutumières, partagent des données spatiales sur les aires conservées, tout en dressant un état des lieux des avancées en matière de reconnaissance et de sécurisation foncière.
« Notre présence ici, c’est voir quelles sont les avancées des États en matière de reconnaissance juridique de ces espaces-là »
explique un représentant régional.
Pays après pays, les efforts diffèrent, mais une dynamique commune se dessine : inventaire de la faune, mesures des stocks de carbone, organisation de patrouilles communautaires selon les règles coutumières. Le Gabon, hôte de l’événement, a engagé des réformes ambitieuses pour moderniser la gouvernance foncière, intégrer les droits coutumiers et promouvoir une gestion inclusive et équitable des ressources naturelles.
Les résultats de cet atelier sont attendus avec intérêt par la Commission des forêts d’Afrique centrale (Comifac), qui y voit un futur outil d’aide à la décision. L’initiative s’inscrit dans un contexte international favorable, marqué par l’adoption du Cadre mondial pour la biodiversité de Montréal. Sa cible 3 encourage explicitement la reconnaissance et la sécurisation des territoires autochtones et traditionnels, considérés comme des piliers pour atteindre l’objectif de conservation de 30 % des terres et mers d’ici 2030.
Dans un bassin du Congo aux écosystèmes d’une richesse écologique et culturelle exceptionnelle, la reconnaissance des territoires conservés apparaît plus que jamais comme une priorité stratégique. Associations, ONG et acteurs étatiques semblent désormais alignés sur cette vision, porteurs d’une même ambition : garantir que les savoirs ancestraux et les pratiques locales deviennent des leviers officiels de préservation de la biodiversité.