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Fait divers

LA FAMILLE D’ESTHER

LA FAMILLE D’ESTHER
À ce jour, aucune réponse officielle. Le silence des autorités inquiète et jette une ombre sur une affaire qui, jour après jour, traîne comme une épée de Damoclès au-dessus des proches.

Un mois s’est écoulé depuis la disparition tragique d’Esther. Et pourtant, ni les résultats de l’autopsie ni les conclusions de l’enquête n’ont été communiqués à sa famille. À ce jour, aucune réponse officielle. Le silence des autorités inquiète et jette une ombre sur une affaire qui, jour après jour, traîne comme une épée de Damoclès au-dessus des proches.


Les interrogations restent entières, et le doute persiste. Timothée Nguema, oncle paternel d’Esther, affirme être aujourd’hui la cible de messages et appels anonymes, qui l’inquiètent pour sa sécurité et celle de ses proches.


« Cela fait quatre jours que je reçois des appels. Quelqu’un appelle régulièrement. Quand je décroche, la personne raccroche immédiatement. Elle rappelle encore, je décroche, et ça raccroche à nouveau »


« J’envoie un message : “Bonjour, s’il vous plaît”, mais je n’ai aucun retour. Alors j’essaie de rappeler. Le téléphone sonne, ça sonne, ça sonne… Puis on me dit que le numéro n’est pas connu »


 


Une quête de justice sous tension


Malgré le climat pesant, Timothée Nguema refuse de renoncer. Il déclare avoir perdu confiance en la justice, mais entend poursuivre son combat coûte que coûte.


« Je ne peux pas abandonner la procédure. Il faut qu’on aille jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’on arrête les véritables coupables »


« Je ne peux pas arrêter la procédure, sauf s’ils arrivent à m’abattre. Mais même s’ils m’abattent, je sais que le peuple gabonais sait déjà »


Ses mots sont lourds de colère, mais portés par une détermination intacte. Il appelle à une prise de conscience collective :


« Il faut que nous luttions. Nous ne pouvons pas mettre les enfants au monde pour qu’ils deviennent des boucs émissaires ou des bonnets de sacrifice. C’est impossible »


« Il faut que le peuple gabonais se soulève »


Timothée Nguema appelle aussi de ses vœux une loi pour honorer la mémoire des victimes :


« Je souhaite qu’à l’Assemblée nationale, une loi soit votée. Une loi en mémoire de tous ces enfants assassinés, tués de cette manière ou d’une autre »


« Il faut que la mémoire de ma nièce soit perpétuée. Il faut qu’un jour, toute la lumière soit faite »


 


Un appel direct 


L’oncle d’Esther n’épargne pas les autorités et interpelle directement le président de la République. Il se souvient d’un moment marquant lors de la prestation de serment :


« Le jour de la prestation de serment du président de la République, je me rappelle que le président de la Cour constitutionnelle a bien dit : “Monsieur le Président, le peuple gabonais vous a élu parce qu’il a confiance en vous. Il compte sur vous. Il a de l’espoir en vous. Il a mis tout son avenir en vous»


Un mois après le drame, ces mots résonnent douloureusement dans un pays où, selon lui


« la justice hésite encore sur quel pied danser »


Alors que les Gabonais cherchent encore sur quel pied danser, cette affaire, comme tant d'autres, s’est transformée en traînée de poudre. Elle jette le discrédit sur les institutions censées protéger les citoyens. La justice, pourtant dernier recours des sans-voix, semble à la traîne, et le sentiment d’impunité gagne du terrain.


En attendant, la famille d’Esther continue de chercher la vérité de fond en comble, refusant de laisser le nom de leur fille sombrer dans l’oubli.


 

Par Pamphile EBO

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