UNE PANNE DE PLUS DE DIX ANS
À l’occasion des 100 jours du gouvernement, la ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, Marcelle Ibinga Itsitsa, est revenue sur l’un des dossiers les plus sensibles de son département : la régularisation des situations administratives des agents civils de l’État. Une question longtemps restée en suspens, et qui touche aujourd’hui de nombreux fonctionnaires.
« C’est un problème que j’ai pris à bras-le-corps dès ma prise de fonction »
a déclaré la ministre. Elle a reconnu que cette problématique suscitait de nombreuses récriminations. Elle a rappelé que le pays sortait d’une décennie de gel des recrutements et de blocage des procédures administratives. Une situation qui a créé un retard important dans le traitement des dossiers du personnel civil.
Dès son arrivée à la tête du ministère, Marcelle Ibinga Itsitsa dit avoir voulu comprendre les causes profondes de cette paralysie.
« Nous avons eu dix ans sans recrutements, sans régularisation. Il fallait rétablir une certaine normalité, mais cela ne pouvait se faire que progressivement »
a-t-elle expliqué.
Parmi les difficultés évoquées, la ministre a pointé un problème technique et logistique majeur : l’inactivité de la salle de reprographie de la Fonction publique depuis plus de dix ans.
« Sans cette salle, il est impossible de produire les textes nécessaires à la régularisation des agents. Un agent de l'État ne peut pas recevoir son acte sans ce document imprimé »
a-t-elle précisé. Chose incroyable mais vraie dans cette administration publique gabonaise où plusieurs ministres ont exercé avant elle.
“L’inactivité de la salle de reprographie pendant plus de dix ans est un symptôme criant des dysfonctionnements structurels de l’administration publique gabonaise. Comment peut-on espérer traiter efficacement les dossiers sans un outil aussi basique ? Cette carence a contribué au blocage des régularisations, pénalisant des milliers d’agents civils. La ministre Marcelle Ibinga Itsitsa a eu le mérite de reconnaître cette absurdité et d’y remédier en urgence. La réhabilitation de cette salle signale, enfin, un retour au bon sens administratif”
commente une source proche du ministère de la Fonction publique.
Malgré un budget déjà entamé avant sa prise de fonctions, la ministre affirme que la situation a été traitée en urgence.
« Sur instruction du Chef de l’État, la salle a été entièrement réhabilitée, sécurisée, et elle fonctionne à nouveau depuis le début de cette semaine »
a-t-elle annoncé avec satisfaction. Les premières reproductions de textes ont déjà commencé.
Cette relance opérationnelle constitue, selon elle, une étape essentielle vers la résorption progressive des retards accumulés. Un signal fort envoyé aux milliers d’agents en attente de leur régularisation.
« Le gouvernement est à l’écoute et déterminé à agir »
a indiqué Marcelle Ibinga Itsitsa.