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Justice

SESSION CRIMINELLE 2025: TRANSPARENCE, RIGUEUR ET CAP SUR L’ÉQUITÉ

SESSION CRIMINELLE 2025: TRANSPARENCE, RIGUEUR ET CAP SUR L’ÉQUITÉ
À l’occasion d’un entretien accordé le 22 août à la presse judiciaire gabonaise, le procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville, le Dr Eddy Narcisse Minang, a dressé un état des lieux détaillé de cette session, mettant en lumière les avancées, les défis et les réformes en cours pour une justice plus crédible et équitable.

La session criminelle ordinaire tenue au Palais de justice de Libreville du 15 juillet au 15 août 2025 a été marquée par un effort inédit de rigueur, de transparence et d’efficacité.Des dossiers anciens enfin jugés : une avancée majeure en matière d’équité
‎Sur les 100 dossiers inscrits au rôle, 96 ont été traités, impliquant 144 accusés. Fait notable : la priorité a été donnée aux affaires les plus anciennes, certaines remontant à 2012. Une décision dictée par les orientations du ministère de la Justice et assumée pleinement par le parquet général.

‎« Il était inadmissible que des détenus patientent dix ans sans jugement. Aujourd’hui, aucun prisonnier à la pridon centrale de Libreville n’est sous mandat de dépôt antérieur à 2019 », a souligné le Dr Minang.

‎Ce tri stratégique vise à résorber une injustice structurelle responsable de la surpopulation carcérale et d’une profonde crise de confiance envers l’appareil judiciaire.

‎Une criminalité en mutation : les jeunes au cœur des préoccupations

‎La session a révélé une cartographie de la criminalité particulièrement préoccupante :
‎31 dossiers de vols qualifiés et braquages,
‎25 affaires de crimes de sang (8 assassinats, 8 meurtres, 9 coups mortels),
‎23 cas de viols sur mineures.
‎Le procureur général a mis en lumière les causes sociales sous-jacentes, notamment la fragilité des structures familiales.

‎« La moitié des auteurs de vols violents sont des jeunes issus de familles disloquées ou démissionnaires. L’absence d’encadrement parental est un facteur criminogène majeur », a-t-il alerté.

‎Des verdicts à la hauteur des enjeux : fermeté et respect du droit

‎Les jugements rendus témoignent d’un équilibre entre rigueur pénale et respect des droits de la défense :
‎2 acquittements,
‎2 condamnations à la réclusion criminelle à perpétuité,
‎22 libérations, les peines ayant été couvertes par la détention préventive,
‎et plusieurs peines allant de 5 ans à la perpétuité.
‎Tous les procès ont été menés dans le strict respect des règles du procès équitable : débats publics, principe du contradictoire, respect des droits de la défense.

‎Des moyens renforcés pour une justice efficace

‎Le Dr Minang a salué le soutien budgétaire exceptionnel accordé par le gouvernement pour cette session, avec un mécanisme de gestion transparent et rigoureux. Il a également exprimé sa reconnaissance envers tous les acteurs mobilisés : magistrats, greffiers, avocats, agents pénitentiaires, sans oublier la presse judiciaire, pour leur professionnalisme et leur engagement.

‎Cap sur une justice plus rapide et plus crédible

‎En conclusion, le procureur général a réaffirmé sa volonté de bâtir une justice qui respecte les délais raisonnables et les droits fondamentaux.

‎« Il n’est pas admissible qu’un accusé soit jugé dix ou quinze ans après les faits. La justice doit être rendue à temps, car c’est une exigence de droit et de dignité », a-t-il déclaré.

‎Une ambition qui se concrétise déjà avec l’annonce d’une session criminelle spéciale en novembre 2025, consacrée aux crimes économiques et financiers.

Par LINA M

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