SESSION CRIMINELLE 2025: TRANSPARENCE, RIGUEUR ET CAP SUR L’ÉQUITÉ
La session criminelle ordinaire tenue au Palais de justice de Libreville du 15 juillet au 15 août 2025 a été marquée par un effort inédit de rigueur, de transparence et d’efficacité.Des dossiers anciens enfin jugés : une avancée majeure en matière d’équité
Sur les 100 dossiers inscrits au rôle, 96 ont été traités, impliquant 144 accusés. Fait notable : la priorité a été donnée aux affaires les plus anciennes, certaines remontant à 2012. Une décision dictée par les orientations du ministère de la Justice et assumée pleinement par le parquet général.
« Il était inadmissible que des détenus patientent dix ans sans jugement. Aujourd’hui, aucun prisonnier à la pridon centrale de Libreville n’est sous mandat de dépôt antérieur à 2019 », a souligné le Dr Minang.
Ce tri stratégique vise à résorber une injustice structurelle responsable de la surpopulation carcérale et d’une profonde crise de confiance envers l’appareil judiciaire.
Une criminalité en mutation : les jeunes au cœur des préoccupations
La session a révélé une cartographie de la criminalité particulièrement préoccupante :
31 dossiers de vols qualifiés et braquages,
25 affaires de crimes de sang (8 assassinats, 8 meurtres, 9 coups mortels),
23 cas de viols sur mineures.
Le procureur général a mis en lumière les causes sociales sous-jacentes, notamment la fragilité des structures familiales.
« La moitié des auteurs de vols violents sont des jeunes issus de familles disloquées ou démissionnaires. L’absence d’encadrement parental est un facteur criminogène majeur », a-t-il alerté.
Des verdicts à la hauteur des enjeux : fermeté et respect du droit
Les jugements rendus témoignent d’un équilibre entre rigueur pénale et respect des droits de la défense :
2 acquittements,
2 condamnations à la réclusion criminelle à perpétuité,
22 libérations, les peines ayant été couvertes par la détention préventive,
et plusieurs peines allant de 5 ans à la perpétuité.
Tous les procès ont été menés dans le strict respect des règles du procès équitable : débats publics, principe du contradictoire, respect des droits de la défense.
Des moyens renforcés pour une justice efficace
Le Dr Minang a salué le soutien budgétaire exceptionnel accordé par le gouvernement pour cette session, avec un mécanisme de gestion transparent et rigoureux. Il a également exprimé sa reconnaissance envers tous les acteurs mobilisés : magistrats, greffiers, avocats, agents pénitentiaires, sans oublier la presse judiciaire, pour leur professionnalisme et leur engagement.
Cap sur une justice plus rapide et plus crédible
En conclusion, le procureur général a réaffirmé sa volonté de bâtir une justice qui respecte les délais raisonnables et les droits fondamentaux.
« Il n’est pas admissible qu’un accusé soit jugé dix ou quinze ans après les faits. La justice doit être rendue à temps, car c’est une exigence de droit et de dignité », a-t-il déclaré.
Une ambition qui se concrétise déjà avec l’annonce d’une session criminelle spéciale en novembre 2025, consacrée aux crimes économiques et financiers.