SEPT CLANDESTINS NIGÉRIANS
Au large du port d’Owendo, la Marine nationale et la DGDI ont mis la main sur sept migrants clandestins nigérians, dissimulés près du safran du navire de commerce Mariblu Panama. Pris dans les mailles du filet sécuritaire, ces hommes ont échappé de justesse à la mort.
Ils s’appellent Christian Odia (26 ans), Christian Chukwe (38 ans), Sumy Alexy (38 ans), Samson Nasiri (23 ans), Uche Christian (23 ans), Benjamin (28 ans) et Favour Efe (19 ans). Ces jeunes hommes avaient embarqué clandestinement au port de Lagos, au Nigeria, avec un seul espoir : rejoindre le Gabon, cet eldorado africain qui, pour beaucoup, attire comme un miroir aux alouettes.
Ils ont bravé les conditions dantesques de la mer pendant trois jours, dissimulés dans une zone étroite et extrêmement dangereuse, à proximité des hélices du navire, un espace où chaque mouvement du bateau aurait pu leur être fatal. Sans eau ni vivres en suffisance, ils ont littéralement affronté la mort. Leur survie relève du miracle.
L’équipage du Mariblu Panama, qui s’apprêtait à accoster, a eu le flair de détecter une activité suspecte à l’arrière du navire. Alertées, les autorités ont mis les bouchées doubles. L’étau s’est rapidement resserré autour des clandestins, cueillis comme un fruit mûr lors de l’intervention de la Marine nationale. Le pot aux roses ainsi découvert met en exergue la perméabilité préoccupante des frontières maritimes en Afrique centrale.
Selon les premières constatations, ces individus auraient été aidés par un réseau organisé de passeurs. Une enquête a été ouverte pour identifier les complices de cette opération risquée. En attendant, les migrants, désormais entre les mains de la police, croupissent dans un centre de rétention, en attendant leur probable rapatriement.
« Ce drame met en avant une crise socio-économique régionale profonde. Le Gabon est perçu comme un havre de stabilité, ce qui pousse des jeunes désespérés à risquer leur vie. Ces actes traduisent un échec des politiques migratoires concertées en Afrique de l’Ouest. Il faut renforcer la coopération régionale, investir dans les opportunités locales et sensibiliser sur les dangers de l'immigration clandestine. La jeunesse mérite mieux que les hélices d’un navire pour avenir »
souligne un enseignant du département de Sociologie au sein de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH) de l'Université Omar Bongo (UOB).
Cette opération arrive au moment où le taux d'immigrés au Gabon a largement dépassé le seuil du tolérable.