CERTAINS PARENTS PRIS DE COURT
Plus de 50 000 élèves issus des collèges d’enseignement secondaires ont été admis en classe de seconde, selon la liste d’orientations rendue publique dimanche dernier par la Direction d’Académie Provinciale de l’Estuaire. Cette opération, censée baliser le parcours éducatif des jeunes apprenants, s’est toutefois accompagnée d’un vent de panique dans plusieurs foyers, en raison de la rétention d’informations et du manque de clarté autour du processus.
À Ntoum comme à Libreville, de nombreux parents se disent pris au dépourvu, découvrant parfois tardivement le lycée d’affectation de leur enfant. Pour certains, le choix du ministère de l’Éducation nationale semble incohérent, voire inadapté aux aspirations ou aux réalités logistiques des familles.
« L’un de mes enfants a été orienté au lycée technique de Bikélé, alors que nous résidons à Ntoum. J’ai attendu l’ouverture de la phase de recours pour demander une réorientation », explique un parent rencontré devant les bureaux du Secrétariat d’Orientation Scolaire, Universitaire et Professionnel (SOSUP).
Le recours est devenu pour beaucoup le seul espoir face aux effets pervers d’un système d’affectation jugé rigide. Car à défaut de solutions alternatives, certains élèves se retrouvent contraints de faire de longues distances ou de renoncer à une orientation souhaitée. À cela s’ajoute la faible capacité d’accueil de certains établissements, notamment dans l’enseignement technique, où le manque de matériel pèse lourdement sur la qualité de l’instruction.
« Pour que la formation soit de qualité, il faut un minimum d’équipements. Or, dans les lycées techniques, les ressources sont souvent limitées. Cela crée un embouteillage et une sélection parfois injuste », reconnaît un responsable éducatif à Gabon1ère.
Le Directeur Académique Provincial de l’Estuaire appelle à une meilleure collaboration entre parents et administration. Il invite les familles à se rapprocher des établissements d’origine ou d’accueil pour consulter les listes d’orientation. Mais cette invitation arrive pour beaucoup trop tard, tant la communication autour du processus a été jugée insuffisante.
« Il aurait fallu expliquer dès la rentrée administrative la procédure, afin d’éviter que les parents aient l’impression qu’on met la charrue avant les bœufs », commente un enseignant du secondaire. « À défaut d’une meilleure sensibilisation, on assiste à une vague de confusion. »
Dans les établissements à cycle complet, l’orientation repose principalement sur la série choisie par l’élève (S, A, L ou T). Mais pour ceux issus de collèges ne disposant pas d’un second cycle, l’incertitude reste grande.
Cette situation met en lumière les limites d’un système d’orientation encore centralisé, où les réalités locales et les aspirations individuelles sont parfois reléguées au second plan. Les familles, quant à elles, continuent d’en payer le lourd tribut, dans un climat de tension palpable à la veille de la rentrée scolaire effective.