LA COUR CONSTITUTIONNELLE TRANCHE SANS APPEL
Le couperet est tombé. Par sa décision n°098/CCT rendue le 6 septembre 2025, la Cour constitutionnelle de la Transition a rejeté en bloc la candidature de François Ndong Obiang aux élections législatives prévues le 27 septembre prochain dans le deuxième siège du deuxième arrondissement de Libreville. Un verdict sans appel, qui a fait l’effet d’une traînée de poudre dans les milieux politiques gabonais.
À l’origine de cette affaire : un recours introduit le 22 août par Léonel Ella Engonga, jeune député de la Transition et candidat indépendant dans la même circonscription. Accompagné de son avocat, Me Francis Nkea Ndzigue, il a soulevé plusieurs griefs majeurs contre la candidature de Ndong Obiang. Parmi eux : des procédures judiciaires en cours pour faux et usage de faux, une exclusion du parti REAGIR en novembre 2024, et un bicéphalisme toujours actif au sein de ce parti miné par les luttes internes.
La Cour n’en est pas à sa première alerte sur ce problème épineux. Dans une précédente décision (n°021/CCT du 20 mars 2025), elle avait déjà constaté que les tendances rivales au sein de REAGIR s’achoppent sur la légitimité à désigner un candidat. Résultat : aucune ne peut prétendre représenter légalement le parti. En validant la candidature de Ndong Obiang, le ministère de l’Intérieur s’est donc retrouvé dans les mailles d’une illégalité manifeste.
L’ancien président de REAGIR, qui tisse désormais du mauvais coton, se retrouve aujourd’hui au creux de la vague. Écarté de son propre parti, empêtré dans des affaires judiciaires, et désormais hors course, il croupit dans des conditions politiques peu enviables. Son rêve de revenir aux portes du paradis électoral s’est transformé en sale draps.
Pour celui qui encore membre du gouvernement, cette décision est une véritable déconfiture. Le voilà relégué au rang d’un homme politique de second plan, fragilisé dans un parti qui ne parvient même plus à sauver les meubles. L’étau se resserre autour de lui, alors qu’il espérait encore sauver les apparences dans une campagne qui s’annonçait difficile.
La Cour constitutionnelle, fidèle à l’article 122 de la Constitution, a rappelé son autorité suprême. En tranchant avec fermeté, elle renforce la crédibilité de ce scrutin législatif.