UN COME-BACK INATTENDU
Coup de théâtre dans l’arène politique de l’Ogooué-Lolo. Jean Rémy Yama, ancien ténor du mouvement syndical et président du Parti National pour le Travail et le Progrès (PNTP), revient de loin. Donné hors course il y a encore quelques jours, il sera finalement bien tête de liste aux élections locales du 27 septembre prochain à Mulundu.
La surprise est de taille : le 15 septembre 2025, lors d’un point presse, Yama annonçait avec un moral en berne la rétractation du jugement administratif validant sa candidature. À l’origine, une requête inattendue du commissaire général à la loi auprès du Conseil d’État, demandant l’annulation de la décision du tribunal administratif de Koula-Moutou. Une démarche juridiquement controversée selon l’intéressé :
« Le commissaire n’a pas compétence pour s’auto-saisir »
dénonçait-il.
Mais dans un spectaculaire retournement de situation, c’est finalement la Commission nationale d'organisation et de coordination des élections et du référendum (CNOCER), bras opérationnel du ministère de l’Intérieur, qui a validé in extremis sa liste le 16 septembre 2025. Une décision tombée comme une traînée de poudre, redonnant un second souffle à un homme que beaucoup pensaient définitivement écarté de la course électorale, après l’invalidation de sa candidature aux législatives.
Jean Rémy Yama, qui revient du purgatoire politique après une descente aux enfers judiciaire et une exclusion de la présidentielle du mois d'avril 2024, retrouve ainsi le sourire. Sa liste à Mulundu compte 26 autres noms, dont plusieurs figures locales.
Ce come-back local mais pas national, redonne des couleurs à un PNTP encore jeune, mais porté par un discours social et une promesse de rupture. Dans une province en recomposition post-Bongo, la présence du chef d’orchestre de l’opposition syndicale pourrait bien électriser la campagne.
Lui, en tout cas, ne baisse pas les bras :
« Ce que Dieu a promis pour moi se manifestera »
a-t-il déclaré. Pris pour perdu, Yama a repris du poil de la bête.