LA BANALISATION ET L'AMATEURISME DANS LA COMMUNICATION POLITIQUE
Invitée sur le plateau de TV+Afrique, Lady Divine Mpala a livré une analyse lucide, parfois acerbe, de la manière dont les candidats gabonais abordent la communication politique durant cette campagne électorale. Elle dénonce un manque de rigueur, une absence de vision stratégique et une véritable banalisation de l’engagement politique, qu’elle considère pourtant comme un acte sacré.
D’entrée de jeu, Lady Divine Mpala évoque la montée en puissance du numérique et l’importance croissante du digital dans la communication contemporaine, y compris politique.
Mais très vite, la spécialiste en communication regrette la piètre qualité des campagnes menées par certains candidats :
« Il y a une réelle banalisation, désacralisation même de l’élection au Gabon. Depuis le 30 août, je pense que tout le monde s’est un peu senti tout permis »
Pour elle, cette effervescence post-transition, si elle illustre un vent nouveau de liberté démocratique, a aussi donné lieu à une forme de précipitation irresponsable.
Au cœur de son intervention, Lady Divine Mpala critique sans langue de bois l’amateurisme affiché par certains prétendants à la fonction élective. Elle observe que
« les gens pensent que communiquer, c’est publier sur les réseaux sociaux. Non, communiquer, c’est penser. »
Selon elle, la communication ne doit pas être une simple vitrine, mais l’expression d’une vision politique claire, d’un message cohérent et d’une posture assumée.
Pour illustrer ce manque de sérieux, elle évoque des cas concrets. Elle dénonce des campagnes menées dans des bars, des affiches sans message intelligible, ou encore des candidats qui n’arrivent pas à mobiliser une centaine de personnes. Et d’ajouter, incisive :
« Franchement, ça, c’est très, très, très ridicule »
Lady Divine Mpala plaide pour un usage stratégique, réfléchi et accessible de la communication numérique :
« À l’ère du digital, on peut faire beaucoup avec peu. Il suffit juste de s’entourer des professionnels qui peuvent nous orienter, selon notre budget, sur la stratégie qui correspond à nos moyens de bord »
En filigrane, elle adresse aussi un appel à la responsabilisation des candidats. Être candidat ne s’improvise pas, insiste-t-elle. Il s’agit d’un acte citoyen, politique, qui mérite sérieux, préparation et respect de l’électorat.
Selon Lady Divine Mpala, la communication, loin d’être secondaire, est aujourd’hui au cœur de la légitimité politique. La médiocrité dans ce domaine n’est ni une fatalité, ni une excuse recevable, conclut-elle.