TRANSFORMÉES EN LOGEMENTS POUR LES AGENTS DE SANTÉ
La situation devient préoccupante au centre urbain de Tchibanga, communément appelé « l’ancien hôpital ». Ce site hospitalier, reconnu pour la qualité de sa prise en charge, attire chaque jour un afflux important de patients. Mais derrière cette réputation positive se cache une réalité plus complexe : un manque criant d’espace, aggravé par l’occupation de plusieurs bâtiments par le personnel soignant à des fins d’habitation.
Avec seulement neuf lits actuellement disponibles, le centre est dépassé par la demande croissante de soins.
« Tous les lits sont occupés, que ce soit de jour comme de nuit. Il arrive que des patients repartent chez eux, faute de place, et reviennent le lendemain en espérant un lit libre »
déplore le médecin chef nouvellement affecté, à Gabon1ère.
Ce dernier tire la sonnette d’alarme : des infrastructures médicales ont été transformées en logements pour les agents de santé, limitant de facto la capacité d’accueil des malades. Une situation qu’il juge inacceptable au regard des besoins sanitaires de la population.
« Nous avons des bâtiments qui existent déjà. Il ne manque que les moyens pour les réhabiliter et les rendre à leur vocation première : soigner »
insiste-t-il.
Le médecin en chef ambitionne de faire passer le nombre de lits de 9 à 24, conformément aux normes de santé établies : un médecin devrait pouvoir superviser 24 lits. Pour ce faire, il mise sur la réhabilitation des bâtiments actuellement occupés.
Un projet d’extension est donc en cours. Le directeur régional de la santé du Sud Nyanga est déjà informé et soutient l’initiative. Des doléances ont également été adressées aux autorités locales, qui auraient formulé des promesses de soutien.
« Nous attendons maintenant que ces promesses se traduisent en actions concrètes »
précise le médecin.
L’occupation des bâtiments à des fins non médicales crée un déséquilibre qui affecte directement la qualité et la disponibilité des soins.
« Ce n’est pas seulement nous, le personnel, qui souffrons de cette situation. Ce sont avant tout les patients. Réhabiliter ces espaces, c’est répondre à un besoin fondamental de la population »
conclut le médecin.
Alors que la demande de soins ne cesse d’augmenter, la réorganisation des salles de soins de « l’ancien hôpital » de Tchibanga est à la traîne.